Et si l’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer ne se cachait pas dans la mémoire… mais dans le nez ? Cela peut sembler surprenant, pourtant une étude menée par une équipe du Mass General Brigham et publiée dans la revue Neurosciences Scientific Reports suggère qu’un simple test de l’odorat pourrait révolutionner le dépistage précoce d’Alzheimer.
Depuis plusieurs années, les chercheurs savent que la perte de l’odorat est liée à certaines maladies neurodégénératives. Ce n’est pas un hasard : les régions cérébrales qui traitent les odeurs, comme le bulbe olfactif et le cortex entorhinal, figurent parmi les premières zones touchées par Alzheimer. Bien avant les gros troubles de mémoire, le cerveau commence donc parfois à perdre sa capacité à reconnaître les odeurs.
Les chercheurs américains ont voulu exploiter cette piste avec un test très simple, baptisé “AROMHA Brain Health Test”. Le principe est étonnamment basique : des cartes à gratter et à sentir. Les participants doivent identifier différentes odeurs, les distinguer les unes des autres et parfois les mémoriser. Tout cela peut même être réalisé à domicile, sans médecin ni machine sophistiquée.
L’étude a porté sur plusieurs groupes : des adultes en bonne santé, des personnes se plaignant de petits problèmes de mémoire, et d’autres souffrant déjà de troubles cognitifs légers — ce qu’on appelle le “mild cognitive impairment”, souvent considéré comme une étape précoce vers Alzheimer. Résultat : les personnes présentant des troubles cognitifs obtenaient de moins bons scores dans les tests olfactifs, notamment pour reconnaître et différencier les odeurs.
Ce qui rend cette découverte particulièrement importante, c’est son potentiel pratique. Aujourd’hui, détecter Alzheimer précocement est compliqué. Les examens les plus fiables, comme certains scanners cérébraux ou analyses du liquide céphalo-rachidien, sont coûteux, invasifs ou difficiles d’accès. À l’inverse, un test olfactif pourrait être rapide, peu cher et utilisable à grande échelle.
Attention toutefois : ce test ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer Alzheimer. Perdre l’odorat peut avoir de nombreuses causes, comme le vieillissement, certaines infections ou d’autres maladies neurologiques. Mais ce type d’outil pourrait devenir un signal d’alerte très précoce, permettant d’identifier les personnes à risque avant même l’apparition des grands symptômes.
Et c’est là tout l’enjeu. Car dans Alzheimer, le cerveau peut commencer à se dégrader dix à vingt ans avant les premiers oublis visibles. Détecter la maladie plus tôt pourrait permettre d’agir plus rapidement, de ralentir son évolution et, un jour peut-être, de prévenir l’apparition des symptômes.
Autrement dit, dans le futur, diagnostiquer Alzheimer pourrait peut-être commencer… par un simple “grattez et sentez”.
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