Il y a 252 millions d’années, la Terre a connu une catastrophe d’une ampleur presque inimaginable. En quelques dizaines de milliers d’années, l’immense majorité des espèces marines a disparu, ainsi qu’une grande partie des animaux terrestres. Cet événement porte un nom terrifiant : la « Grande Mort ».
Mais que s’est-il exactement passé ?
Pour le comprendre, il faut remonter à la fin du Permien, une période géologique qui précède l’apparition des dinosaures.
À cette époque, les continents sont réunis en un immense supercontinent appelé la Pangée. Les océans abritent une vie foisonnante, notamment des trilobites, des coraux et de nombreux mollusques. Sur les terres vivent des reptiles et des ancêtres lointains des mammifères.
Puis survient une catastrophe biologique sans précédent.
Selon les estimations, entre 81 et 94 % des espèces marines disparaissent, ainsi qu’environ 70 % des familles de vertébrés terrestres.
À titre de comparaison, l’extinction qui provoquera la disparition des dinosaures, 186 millions d’années plus tard, sera moins dévastatrice.
Mais quelle est l’origine de cette Grande Mort ?
Aujourd’hui, les scientifiques privilégient une explication : un volcanisme gigantesque sur le territoire de l’actuelle Sibérie.
À cette époque, d’immenses quantités de magma remontent à la surface. Ces éruptions, qui se prolongent pendant des centaines de milliers d’années, donnent naissance à ce qu’on appelle les trapps de Sibérie.
Or, ces phénomènes libèrent des quantités colossales de gaz à effet de serre, notamment du dioxyde de carbone.
Résultat : la température mondiale augmente brutalement, probablement de plusieurs degrés.
Et cette hausse déclenche une véritable réaction en chaîne.
D’abord, les océans se réchauffent. Mais plus l’eau est chaude, moins elle peut contenir d’oxygène. De nombreuses espèces marines finissent donc littéralement asphyxiées.
Ensuite, l’excès de CO₂ contribue à acidifier les océans, menaçant particulièrement les organismes qui fabriquent des coquilles ou des squelettes calcaires.
Sur les continents, la chaleur extrême, les pluies acides et les perturbations des écosystèmes provoquent également d’immenses destructions.
Certains chercheurs ont envisagé l’impact d’une météorite, mais aucune preuve convaincante ne soutient actuellement cette hypothèse.
La Grande Mort ne résulte donc probablement pas d’une catastrophe unique, mais d’une succession de bouleversements environnementaux déclenchés par le volcanisme.
Il faudra ensuite plusieurs millions d’années pour que les écosystèmes retrouvent leur diversité.
Et paradoxalement, cette catastrophe ouvrira la voie à de nouvelles formes de vie, notamment aux dinosaures, qui apparaîtront quelques millions d’années plus tard.
La Grande Mort nous rappelle ainsi une réalité fondamentale : même les formes de vie les mieux établies peuvent disparaître lorsque leur environnement se transforme trop rapidement.
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