Cette faculté porte un nom : c'est l’écholocalisation. Et son principe est relativement simple. Lorsqu’une chauve-souris émet un son, celui-ci rebondit sur les objets environnants avant de revenir vers elle. En analysant ces échos, l’animal peut déterminer la position, la distance et parfois même la forme des obstacles.
Or, certains humains savent également utiliser cette technique, notamment des personnes aveugles qui produisent de petits claquements avec leur langue. Les échos leur permettent de percevoir leur environnement sans le voir.
Mais une question intriguait les scientifiques : cette capacité nécessite-t-elle des années de pratique ? Et surtout, peut-elle être acquise par des personnes qui voient normalement ?
Pour le savoir, des chercheurs britanniques ont entraîné 26 adultes, dont 12 personnes aveugles et 14 voyantes, pendant dix semaines.
Au cours de vingt séances, les participants ont appris à reconnaître la taille d’objets, leur orientation et à se déplacer grâce aux échos produits par leurs propres claquements de langue.
Les résultats sont remarquables : tous les participants ont progressé, qu’ils soient voyants ou non-voyants.
Mais le plus surprenant est apparu lorsque les chercheurs ont examiné leur cerveau grâce à l’imagerie par résonance magnétique.
Après l’entraînement, les échos provoquaient une activité plus importante dans une région appelée cortex visuel primaire. Autrement dit, une zone du cerveau normalement associée à la vision participait désormais davantage au traitement d’informations sonores.
Et ce phénomène concernait aussi les personnes voyantes !
Cette découverte est importante, car on pensait que de telles réorganisations concernaient surtout les cerveaux privés de vision depuis longtemps.
Elle illustre donc ce que les scientifiques appellent la neuroplasticité : la capacité du cerveau à modifier son fonctionnement en réponse à l’apprentissage et à l’expérience.
Mais attention hein, cela ne signifie pas que les participants voyaient réellement avec leurs oreilles. Mais leur cerveau apprenait à exploiter autrement les informations sonores pour mieux comprendre l’espace.
À terme, cette technique pourrait notamment aider les personnes aveugles à gagner en autonomie dans leurs déplacements.
Voila. Finalement, cette expérience nous rappelle une chose fascinante : même à l’âge adulte, notre cerveau possède des capacités d’adaptation bien plus importantes qu’on ne l'imaginait.
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