D’Arthur Teboul, 38 ans, on connaît les saillies et les fulgurances : son recueil de poèmes Le Déversoir, son interprétation d’un poème de Louis Aragon, L’Affiche rouge, mise en musique par Léo Ferré, lors de l’inhumation de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon en 2024, et surtout les refrains qu’il a écrits au sein du groupe Feu! Chatterton depuis 2011. Le groupe remontera sur scène cet été, où il interprétera des morceaux de leur dernier album Labyrinthe, sorti en 2025. Il se produira dans de nombreux festivals dont We Love Green, à Paris, aux Francofolies d’Esch-sur-Alzette, aux Arènes de Nîmes et aux Eurockéennes de Belfort, avant d’enchaîner les Zénith à l’automne.
Arthur Teboul donne rendez-vous à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), à POUSH, un lieu d’exposition et de création pour artistes contemporains. Parmi eux figure son jeune frère, Sasha, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et de La Fémis. « J’avais envie qu’on aille dans un endroit qui présente le travail de gens que j’aime. » Son père et son frère, présents le jour de l’entretien, ont ainsi créé les pochettes des albums L’Oiseleur (2018) et Palais d’argile (2021), de Feu! Chatterton.
Le chanteur se souvient avec plaisir de son « enfance heureuse » au sein de sa famille, avec ses deux frères. « Il y avait une grande intensité chez nous, qui vient à la fois de cet équilibre entre mes deux parents : la force de ma mère, son énergie très grande, sa joie de vivre, et mon père, un peu plus en retenue, mais qui diffuse un regard poétique sur le monde. » Après des années de collège en ZEP, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, des amitiés fortes avec deux camarades marquent les prémices du groupe Feu! Chatterton, et sont source de découvertes littéraires.
Dans cet épisode, Arthur Teboul confie son admiration pour des poètes comme Arthur Rimbaud, et surtout Guillaume Apollinaire. Il revient d’ailleurs longuement sur son processus d’écriture des « poèmes minute », qui ont alimenté son recueil Le Déversoir, publié chez Seghers en 2023. « Ce qui me plaît dans cette pratique, c’est de laisser la prose venir, sans préoccupation esthétique ou morale ; sa plus grande valeur est simplement de me rappeler un instant. »
Cet épisode a été publié le 1ᵉʳ mai 2026. Crédit photo : Julien Mignot.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son et Benoît Thuault à la réalisation.
Musique : Gotan Project
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