L'escalade militaire en Iran fait resurgir l'un des pires cauchemars des économistes : la stagflation. Ce phénomène, qui conjugue une croissance économique atone (stagnation) et une hausse généralisée des prix (inflation), menace de s'installer durablement si le conflit s'enracine en ce mois de mars 2026.
L'énergie comme détonateur Le principal moteur de cette crise est la flambée des cours de l'énergie. Avec un baril de pétrole Brent franchissant la barre des 100 dollars et un prix du gaz européen bondissant de 40 %, l'économie mondiale encaisse un double choc. D'un côté, l'énergie chère agit comme une taxe sur la production et la consommation, freinant mécaniquement le PIB. De l'autre, ces coûts se répercutent sur l'ensemble de la chaîne logistique, alimentant une inflation déjà fragile.
Le verrou stratégique d'Ormuz Le point de rupture se situe au niveau du détroit d'Ormuz, voie maritime vitale par laquelle transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Les menaces iraniennes de mener une "guerre d'usure" et les attaques contre des navires marchands créent une incertitude que les marchés intègrent déjà. Selon les estimations de Goldman Sachs, si les prix du brut se maintiennent à ces niveaux, la croissance mondiale pourrait être amputée de 0,4 % tandis que l'inflation progresserait de 0,7 % supplémentaire.
Le dilemme des banques centrales Cette situation place les institutions comme la Banque Centrale Européenne (BCE) dans une impasse. En temps normal, une inflation forte impose de relever les taux d'intérêt ; mais une économie qui ralentit exigerait de les baisser pour stimuler l'activité. La stagflation rend les recettes classiques inopérantes. Les prévisions de baisse des taux pour 2026 sont désormais remises en question, certains experts craignant même de nouvelles hausses pour contenir la dérive des prix.
Perspectives et incertitudes Si certains analystes restent prudents — estimant à 25 % la probabilité d'une stagflation sévère en Europe — tout dépend de la durée des hostilités. Si le conflit s'enlise, l'économie globale pourrait entrer dans une phase de "ralentissement vulnérable", mettant à mal le pouvoir d'achat des ménages et la capacité des États à financer leur dette.
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