L’expression peut prêter à sourire, mais elle circule de plus en plus dans les cercles politiques et économiques américains : Donald Trump serait adepte du « TACO ». Rien à voir avec la cuisine mexicaine. Il s’agit d’un acronyme pour Trump Always Chickens Out, que l’on peut traduire par « Trump finit toujours par se dégonfler ». Une formule provocatrice, utilisée par certains analystes pour décrire un schéma récurrent dans la manière dont le président annonce, puis rétropédale, sur des décisions spectaculaires.
Le principe est simple. Donald Trump lance une menace très forte, souvent à grand renfort de formules choc : hausse massive des droits de douane, sanctions économiques, ruptures d’accords commerciaux, voire remise en cause d’alliances stratégiques. Ces annonces provoquent immédiatement des réactions violentes sur les marchés financiers, dans les capitales étrangères et au sein même de l’administration américaine. Puis, quelques jours ou quelques semaines plus tard, la mesure est repoussée, édulcorée ou purement abandonnée.
Les droits de douane constituent l’exemple le plus emblématique. Lors de son premier mandat, Trump a régulièrement promis des surtaxes douanières de 25 %, 50 %, voire davantage, contre la Chine, l’Union européenne ou certains pays émergents. Dans de nombreux cas, ces annonces se sont transformées en négociations prolongées, en exemptions temporaires ou en accords partiels, bien loin des menaces initiales. Les marchés ont fini par intégrer ce mécanisme : forte baisse à l’annonce, rebond lorsque la menace s’estompe.
Ce comportement sert une stratégie précise. En créant un choc, Trump se place d’emblée en position de force dans une négociation. Il impose son tempo, teste les réactions et peut ensuite présenter un compromis comme une « victoire », même si le résultat est beaucoup plus modeste que ce qu’il avait annoncé.
Le Groenland illustre parfaitement cette logique. En 2019, Donald Trump avait publiquement évoqué la possibilité d’acheter ce territoire autonome du Danemark, déclenchant stupeur et moqueries. Face au refus catégorique de Copenhague, l’idée a été abandonnée, puis reléguée au rang de boutade. Pourtant, derrière cette sortie spectaculaire se cachait un objectif stratégique réel : souligner l’importance géopolitique croissante de l’Arctique, de ses routes maritimes et de ses ressources naturelles.
Le « TACO » n’implique donc pas nécessairement une absence de stratégie. Il traduit plutôt une méthode fondée sur l’intimidation, la dramatisation et l’imprévisibilité. Mais cette approche a un coût : elle érode la crédibilité des annonces américaines et crée une instabilité permanente.
En résumé, le « TACO » désigne ce cycle désormais bien identifié : menace tonitruante, panique générale, puis recul partiel. Une marque de fabrique trumpienne, qui mélange coup de communication, outil de négociation et art consommé du rapport de force.
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