"Mieux veut ĂȘtre seul(e) que mal accompagnĂ©(e)" : En tant qu'introverties, ce proverbe s'applique Ă nous... la plupart du temps. Nous parlons ici des choses que nous prĂ©fĂ©rons faire seule, et de celles que, pour des raisons personnelles ou pour le regard des autres đïž, nous aimons mieux faire en groupe.
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Intro
HélÚne:
[0:18] Salut !
Judith:
[0:18] Salut HélÚne, comment ça va ?
HélÚne:
[0:20] Ăa va, plus ou moins reposĂ©e aprĂšs notre sĂ©jour court mais intense Ă Bruxelles.
Judith:
[0:27] Et oui, parce que nous avons passé pour moi 10 heures et pour toi deux journées à Bruxelles pour que nous puissions filmer des vidéos là -bas.
HélÚne:
[0:37] Ouais, c'Ă©tait trĂšs intense, on a beaucoup filmĂ©, donc on a plein de contenu qui attend temps d'ĂȘtre prĂ©parĂ© pour vous ĂȘtre proposĂ© et on espĂšre que ça vous plaira.
Judith:
[0:49] Oui, mais depuis le temps qu'on en parle de Bruxelles, de la Belgique, on va enfin pouvoir vous montrer encore une autre facette de la francophonie.
HélÚne:
[0:55] Oui. Aujourd'hui dans ce podcast, on va parler d'autre chose, d'un sujet qui me tient Ă cĆur. Je suis contente qu'on en discute aujourd'hui et avant ça, on va Ă©couter un petit message.
Liz:
[1:09] Salut, salut, Easy French. Moi, c'est Liz et je voulais raconter quand je suis allĂ©e en France, il y avait la canicule et donc il faisait trĂšs chaud et comme d'habitude j'utilisais mon parapluie et une dame au hasard dans la rue m'a demandĂ© pourquoi est-ce que je l'utilisais s'il ne pleuvait pas. Pour moi, c'est trop bizarre parce qu'ici au Mexique, on l'utilise n'importe s'ilfait chaud, aussi il pleut. C'est vrai qu'il y a des parapluies spĂ©ciaux pour la pluie et pour les UV. Mais du coup, on utilise paraguas et sombrilla pour les mĂȘmes choses. On les utilise comme des synonymes parce qu'on utilise du coup les mĂȘmes. Je voulais demander si est-ce qu'en France, c'est diffĂ©rent les parasols et les parapluies. Et si vous utilisez les parapluies seulement quand il pleut ou si vous les utilisez quand il fait chaud. Et merci d'avance. J'adore votre podcast. Et Ă bientĂŽt.
HélÚne:
[2:10] J'ai beaucoup aimé cette anecdote.
Judith:
[2:13] Merci, Lise, pour ton message. Merci d'avoir partagé cette anecdote en France. C'est hyper intéressant.
HélÚne:
[2:19] Ouais, vraiment, j'adore parce que déjà , c'est de saison.
Judith:
[2:22] Oui, enfin, il paraßt qu'on est en été, mais il pleut tout le temps.
HélÚne:
[2:26] Il pleut un peu, ouais, c'est vrai. Mais quand mĂȘme, on a eu quelques jours de chaleur Ă Paris. Et c'est vrai que les seules personnes qu'on voit se protĂ©ger du soleil avec des parapluies sont des Ă©trangers.
Judith:
[2:39] Je ne savais pas que c'était aussi courant en Amérique du Sud. Pour moi, c'était trÚs répandu en Asie.
HélÚne:
[2:46] Oui, parce que c'est souvent les touristes qu'on voit le plus Ă Paris.
Judith:
[2:50] Eh oui.
HélÚne:
[2:52] Donc, on les voit, les Chinois ou les CorĂ©ens ou les Japonais, avec des parapluies dĂšs qu'il y a du soleil. Et donc, on est habituĂ© Ă les voir faire ça, mais peut-ĂȘtre qu'on ne se rend pas compte Ă quel point c'est nous qui sommes l'exception de ne pas le faire, plutĂŽt qu'eux qui sont une exception de le faire.
Judith:
[3:09] Oui, possible. Alors, j'ai envie de rebondir sur ce sujet de plein de maniÚres, parce que tu connais mon combat contre le soleil et contre les rayons UV. Qui sont responsables, je le rappelle, de 80% du vieillissement cutané. J'ai toujours cette impression que ce qu'on voit faire au Japon, en Corée du Sud, en matiÚre de beauté, ça arrive en France 10 ans, 20 ans aprÚs. Donc, Liz, pour l'instant, personne ne se promÚne avec un parapluie pour se protéger du soleil. Mais je suis sûre que si tu reviens dans 10, 15, 20 ans, tous les Français auront et le petit parapluie, et les gants, et la visiÚre pour se protéger des rayons du soleil.
HélÚne:
[3:51] C'est possible, mais en mĂȘme temps, j'ai l'impression qu'on a une si forte culture en France de se mettre au soleil que j'ai du mal vraiment Ă imaginer que ça devienne commun de se protĂ©ger avec un parapluie. Parce qu'Ă Paris surtout et dans la partie nord de la France, vraiment, dĂšs qu'il y a du soleil, les gens se prĂ©cipitent dehors pour s'asseoir sur une terrasse de cafĂ© en plein soleil, s'asseoir sur un banc en plein soleil, s'exposer comme ça le plus longtemps possible pour commencer Ă avoir meilleure mine, parce que c'est vrai que l'hiver est long, on ne voit pas le soleil souvent, et on a un peu cette habitude culturelle de se mettre au soleil dĂšs qu'on peut.
Judith:
[4:31] C'est vrai, tu as raison sur ça. Ăa me rappelle une anecdote que ma maman me racontait. Quand elle Ă©tait petite, elle vivait au Maroc et il y avait la plage, beaucoup de touristes, et notamment beaucoup de touristes français et britanniques aussi, il me semble. Ils les voyaient par la fenĂȘtre s'allonger au soleil de midi Ă 16h, devenir tous rouges, alors qu'eux, c'Ă©tait spĂ©cifiquement les heures Ă laquelle ils n'allaient surtout pas au soleil. Ils attendaient que le soleil redescende un peu pour aller Ă la plage. Donc, je pense que ta remarque est trĂšs pertinente et peut-ĂȘtre que je prends mes rĂȘves pour des rĂ©alitĂ©s.
HélÚne:
[5:01] Ouais, je pense qu'on a encore du chemin à parcourir. Déjà , j'ai l'impression que ça commence tout juste à vraiment se démocratiser de mettre de la crÚme solaire en ville. Quand on était petites, la crÚme solaire, c'était vraiment pour la plage. Et maintenant, petit à petit, on commence à voir des gens en mettre aussi en ville, mais ça commence tout juste.
Judith:
[5:21] Et alors pour en revenir à la question initiale, donc il y a bien une différence entre un parapluie et un parasol. Le parapluie, c'est l'objet qu'on utilise quand il pleut, effectivement, pour se protéger de la pluie. Et en fait, quand on dit parasol, en France, on pense vraiment à cette espÚce de parapluie géant qu'on met à la plage pour se protéger du soleil. On ne pense pas à une petite ombrelle. Et c'est vrai qu'en fait, personne n'utilise d'ombrelle en France.
HélÚne:
[5:47] Ouais, le parasol, c'est pour la plage, c'est les restaurants qui en ont sur leur terrasse. Ce n'est pas un objet qu'on met dans son sac.
Judith:
[5:54] Oui, oui. Voilà , pour répondre à ta question.
HélÚne:
[5:58] Ouais, trĂšs intĂ©ressant en tout cas. Les choses les plus anodines peuvent ĂȘtre les choses les plus rĂ©vĂ©latrices d'une culture. C'est assez passionnant.
Judith:
[6:06] ComplĂštement.
HélÚne:
[6:06] Et aprĂšs cette petite question et cette petite parenthĂšse, on va passer au cĆur du sujet.
Le sujet de la semaine
HélÚne:
[6:17] Initialement, j'avais pensé à parler des voyages en solitaire, mais je me suis dit que finalement, on pouvait aborder le sujet de maniÚre plus globale. Et j'ai pensé simplement aux activités qu'on peut faire seul et à la capacité ou non à passer du temps seul et de bons moments si possible.
Judith:
[6:38] Alors, on est toutes les deux, deux grandes introverties. Cette conversation va ĂȘtre trĂšs naturelle pour nous. Effectivement, oui, on peut faire plein de choses seule et toutes les deux c'est comme ça qu'on recharge nos batteries, donc c'est pas tant qu'on peut c'est qu'on a besoin de passer beaucoup de temps seules.
HélÚne:
[6:56] Ouais, exactement, et moi en fait je me suis posĂ© un peu cette question derniĂšrement parce que j'ai deux amis proches qui sont trĂšs diffĂ©rentes l'une de l'autre. Il y en a une qui adore passer du temps seule et qui me disait rĂ©cemment Ă quel point elle avait besoin de passer plus de temps seule et une autre qui me disait exactement l'opposĂ©, c'est-Ă -dire que c'est quelqu'un qui n'aime pas du tout ĂȘtre seule et qui trouvait qu'elle Ă©tait trop seule et que ça lui pesait Ă©normĂ©ment. Donc, vraiment, en mĂȘme temps, j'avais des conversations sur un mĂȘme sujet avec des personnes qui vivaient la chose de maniĂšre complĂštement opposĂ©e. Et je me suis dit que c'Ă©tait quelque chose d'intĂ©ressant Ă questionner et de se demander un peu pourquoi et comment on passait du temps seul. DĂ©jĂ , on peut peut-ĂȘtre commencer par parler un peu des activitĂ©s que, personnellement, on apprĂ©cie de faire seules.
Judith:
[7:47] Oui. Alors, il y a une activité que j'apprécie énormément faire seule et que je peux difficilement faire en groupe, c'est faire du sport.
HélÚne:
[7:54] Pareil.
Judith:
[7:55] Faire du sport, pour moi, c'est vraiment une activité solitaire. Tout ce qui est sport d'équipe, pour moi, c'est énergivore au possible. C'est hyper stressant. Faire du sport seule, pour moi, ça a vraiment un cÎté méditatif.
HélÚne:
[8:08] C'est vraiment pareil pour moi. Ăa ne m'intĂ©resse pas vraiment d'aller courir avec d'autres personnes, Avant, je courais beaucoup, mais je courais toujours toute seule et pour moi, ça n'avait pas d'intĂ©rĂȘt de courir avec quelqu'un. Parce que le sport, c'est un peu le moment oĂč je me retrouve avec moi-mĂȘme, oĂč je n'ai pas besoin de parler, d'ĂȘtre en reprĂ©sentation, de s'adapter. Ăa me paraĂźt difficile d'imaginer faire ça avec d'autres personnes, alors que je sais qu'il y a des gens qui adorent le sport en groupe et qui n'arrivent pas Ă en faire seuls, justement, parce qu'ils ont besoin d'ĂȘtre motivĂ©s par d'autres pour le faire.
Judith:
[8:43] Je comprends parfaitement. Il y a des groupes qui s'organisent sur Internet, sur Facebook, pour se motiver, des courses en groupe, comme tu disais. C'est vraiment la chose qui me rebute. Il n'y a rien qui peut moins me donner envie de faire du sport que de savoir que je suis avec quelqu'un. MĂȘme quelqu'un que j'apprĂ©cie. Ce n'est mĂȘme pas une question de se sentir jugĂ©e. C'est juste que c'est tellement plus agrĂ©able de le faire seule que je ne vois pas pourquoi je le ferais accompagnĂ©e de quelqu'un.
HélÚne:
[9:08] C'est pareil pour moi.
Judith:
[9:09] Je sens qu'on va enfoncer des portes ouvertes.
HélÚne:
[9:12] Ouais ! Mais c'est drĂŽle parce que c'est pas pareil pour tout le monde. Par exemple, Josh que vous connaissez, les amis, avec qui on a fait des vidĂ©os et mĂȘme un podcast, lui adore le sport en groupe, je le sais.
Judith:
[9:24] Mais Josh, ça fait partie des personnes les plus extraverties que je connais.
HélÚne:
[9:29] Ouais. Sinon moi j'aime bien aussi me promener toute seule. Ăa peut paraĂźtre ennuyeux, mais moi, j'aime bien, mĂȘme juste dans mon quartier, que je connais par cĆur, de sortir un peu, faire un tour, d'observer ce qui se passe dans le quartier, les gens, de regarder s'il y a des nouveaux magasins, juste d'observer en fait, tout en marchant. Je trouve ça trĂšs relaxant.
Judith:
[9:52] Oui, je suis d'accord avec toi. D'autant plus que quand je suis avec toi ou quand je suis avec quelqu'un, j'ai tendance Ă ĂȘtre vraiment trĂšs Ă fond dans la conversation qu'on est en train d'avoir. Et je me rends vite compte, en fait, que quand je suis toute seule, je remarque des choses que je ne remarque pas quand je me promĂšne avec quelqu'un.
HélÚne:
[10:08] C'est vrai. On est plus dans l'observation, dans un aspect un peu passif, mais sans l'ĂȘtre vraiment, oĂč on n'est pas le seul acteur. C'est plutĂŽt les autres qui sont les acteurs et on les observe un peu. Et c'est reposant, je trouve.
Judith:
[10:21] Une autre activitĂ© que je n'aime pas spĂ©cialement faire, mais que je prĂ©fĂšre largement faire seule, c'est Ă©tudier ou travailler. Pour moi, Ă©tudier, c'est vraiment l'activitĂ© la plus solitaire qui existe. Je dis ça parce que j'ai Ă©tudiĂ© la mĂ©decine et que tous les gens avec moi travaillaient dans des bibliothĂšques bondĂ©es de gens qui Ă©tudient la mĂ©decine comme eux. J'ai jamais rĂ©ussi, j'Ă©tais toujours soit chez moi seule, soit dans un cafĂ©, Ă payer un cafĂ© Ă 4 euros. Mais il fallait que je sois seule et surtout pas Ă cĂŽtĂ© de quelqu'un qui Ă©tudie la mĂȘme chose que moi.
HélÚne:
[10:58] Et pourquoi, Ă ton avis ?
Judith:
[10:59] Je sais pas, parce que ça me permettait aussi de pas me comparer, je pense, de mieux me concentrer, d'avoir cette impression d'ĂȘtre la seule Ă faire ce que je suis en train de faire. Ăa m'arrivait rarement d'aller dans des bibliothĂšques, mais j'allais dans des bibliothĂšques d'universitĂ©s littĂ©raires.
HélÚne:
[11:16] Ah oui ?
Judith:
[11:17] Et je savais que j'étais la seule avec mes bouquins de médecine et qu'il n'y avait aucun risque de comparaison. C'était un peu mieux pour moi. C'était moins désagréable. Je n'irais pas jusqu'à dire plus agréable.
HélÚne:
[11:28] Je vois. Moi, j'aimais bien les bibliothĂšques. Mais c'est vrai que quand mĂȘme, pour travailler dans le silence. Etudier en groupe, non, j'ai jamais vraiment aimĂ© non plus. Pareil, parce que j'ai un peu du mal avec la comparaison aussi. Mais aller dans une bibliothĂšque oĂč il y a d'autres gens qui Ă©tudient la mĂȘme chose, ça m'allait bien parce que c'Ă©tait quand mĂȘme chacun fait son travail dans son coin. On n'est pas obligĂ©s de se parler, mais on est quand mĂȘme ensemble. Et pour moi, ça restait un petit peu motivant de voir d'autres personnes qui Ă©tudiaient aussi, en fait. J'avais l'impression que j'Ă©tais comme tout le monde et que du coup, j'ai moins l'impression peut-ĂȘtre de faire quelque chose d'ennuyeux parce que je vois que tout le monde le fait, en fait.
Judith:
[12:07] Ouais, je comprends. AprĂšs, la fac de mĂ©decine, c'Ă©tait un peu particulier parce que c'Ă©tait aussi un lieu social et de rencontres oĂč les gens des diffĂ©rentes associations se retrouvaient, oĂč les groupes d'amis se retrouvaient. Et donc en fait, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui passaient beaucoup de temps Ă la bibliothĂšque de mĂ©decine, mais qui faisaient des pauses toutes les 20 minutes pour prendre un cafĂ© avec les copains. Et je pense que ça me rappelait aussi beaucoup que je n'avais aucun copain en mĂ©decine et que donc, je n'avais pas du tout envie de ressentir ça et que je prĂ©fĂ©rais m'auto-isoler.
HélÚne:
[12:36] Oui, il y a plein de choses qui rentrent en jeu, pas juste le fait d'étudier. Et sinon, est-ce que tu aimes bien faire des choses un peu comme faire des soins du visage, je ne sais pas, toutes ces choses un peu de self-care ? Est-ce que tu aimes bien faire ça toute seule chez toi ?
Judith:
[12:52] C'est marrant que tu dises ça parce que la rĂ©ponse est oui, mais j'Ă©toffe un peu ma rĂ©ponse. Bizarrement, c'est vraiment quelque chose que je fais quand je suis seule, effectivement. Non pas que je n'en ai pas envie ou que je n'y pense pas quand mon copain est lĂ , mais ça me paraĂźt ĂȘtre une activitĂ© un peu superficielle. C'est vraiment mon moment Ă moi. Et je me sentirais bĂȘte de rester 20 minutes dans la salle de bain Ă mettre tous mes petits produits magiques alors qu'il y a quelqu'un chez moi.
HélÚne:
[13:18] Oui, c'est intĂ©ressant. Moi, je le fais mĂȘme quand je ne suis pas toute seule chez moi. Mais c'est vrai que ça dĂ©pend du temps que tu as Ă passer ensemble aussi. Parce que c'est vrai qu'avec mon copain, on est presque tout le temps ensemble. MĂȘme la journĂ©e. Donc, c'est rare que je me dise « Oh, c'est un moment qu'on ne passera pas ensemble, c'est dommage " parce qu'au final, on en passera un autre ensemble trĂšs peu de temps aprĂšs. » Donc, au contraire, c'est mĂȘme plutĂŽt bien d'avoir des choses qu'on peut faire seul et s'enfermer un peu dans la salle de bain pour faire mes petits trucs. Ăa permet d'avoir plus envie d'ĂȘtre avec l'autre aussi et d'avoir des petits moments quand mĂȘme pour soi.
Judith:
[13:51] Je comprends. Mais je crois quand mĂȘme que ça rajoute Ă la dĂ©tente de savoir que je suis vraiment toute seule chez moi.
HélÚne:
[13:59] ça c'est vrai, je suis d'accord, d'ĂȘtre toute seule chez soi, personne qui t'attend, personne qui a besoin de ton aide, t'es juste lĂ Ă prendre ton temps et tu te dis personne ne peut me juger, aussi. Moi j'ai parfois l'impression que c'est ridicule par exemple de passer une heure Ă se laver les cheveux et quand t'as personne qui le sait mais que toi tu sais que tu y as passĂ© une heure mais personne d'autre, c'est mieux.
Judith:
[14:24] Non, mais je suis complĂštement d'accord.
HélÚne:
[14:25] Donc pas mal d'activitĂ©s quand mĂȘme qui sont sympas Ă faire seules.
J'ai capté !
HélÚne:
[14:33] J'ai pensĂ© pour vous, les amis, que ce serait peut-ĂȘtre bien d'apprendre des proverbes. On apprend souvent des expressions idiomatiques, mais les proverbes, c'est quand mĂȘme des choses qui sont utiles dans la vie de tous les jours. Ăa peut paraĂźtre un peu ancien, un peu ringard, mais en fait, on en utilise.
Judith:
[14:51] Oui, on utilise plein de proverbes en français et sans s'en rendre compte en plus.
HélÚne:
[14:55] C'est ça. Et donc, il y en a un qui est "mieux vaut ĂȘtre seul que mal accompagnĂ©". Et moi, j'aime bien ce proverbe.
Judith:
[15:05] Oui, j'aime beaucoup ce proverbe aussi, qu'on utilise énormément.
HélÚne:
[15:08] C'est vrai. Et gĂ©nĂ©ralement, on l'utilise beaucoup pour les gens qui viennent de se sĂ©parer, qui viennent de mettre fin Ă une relation, d'ĂȘtre quittĂ©, Ă une relation de couple. Souvent, on leur dit "mieux vaut ĂȘtre seul que mal accompagnĂ©" pour les rĂ©conforter, en fait, et pour dire mieux vaut ĂȘtre cĂ©libataire en fait, que dans une relation qui ne nous convient pas. Et en fait, ce n'est pas forcĂ©ment le sens du proverbe, c'est vraiment quelque chose de gĂ©nĂ©ral qui signifie, dans tous les cas, que ce soit en amitiĂ©, en amour, en famille, parfois on est mieux tout seul que d'ĂȘtre avec une personne avec qui ça ne se passe pas toujours bien.
Judith:
[15:46] Est-ce que c'est tout le temps vrai ? (Non.) Qu'est-ce que ça veut dire ĂȘtre mal accompagnĂ© ? Parfois, on est avec des gens, ce n'est pas idĂ©al, mais ce n'est pas non plus des relations toxiques ou des choses graves.
HélÚne:
[15:56] Pour moi, c'est vraiment quelque chose de vrai, dans le sens oĂč c'est comme ça que je vis ma vie.
Judith:
[16:02] Oui, mais je réfléchis parce que c'est vraiment comme ça que je vis ma vie et que je réfléchis. Mais cette phrase, je pense que je me la dis plusieurs fois par jour. Mais parfois, je me fais aussi la réflexion de on ne peut pas non plus tout le temps se couper de tout le monde.
HélÚne:
[16:14] Non, mais je pense que tu as raison. Moi, je suis un peu extrĂȘme lĂ -dedans, je pense. Parce que j'ai grandi dans une famille nombreuse et donc j'ai grandi dans un groupe oĂč j'Ă©tais obligĂ©e d'ĂȘtre. Pendant mon enfance, c'Ă©tait souvent compliquĂ© de faire partie d'un groupe. Et c'est vrai que le fait de pouvoir ĂȘtre seule, pour moi, c'Ă©tait un privilĂšge, en fait.
Judith:
[16:35] Un luxe, quoi.
HélÚne:
[16:36] Ouais, c'est ça.
Judith:
[16:36] Je comprends ce que tu veux dire. Quand on est dans un groupe qu'on ne choisit pas, que ça nous est imposé, pouvoir s'en affranchir, c'est revivre, quoi.
HélÚne:
[16:44] C'est ça. Ăvidemment, ça dĂ©pend de la situation dans laquelle on est. C'est vrai que la solitude peut parfois ĂȘtre aussi quelque chose de trĂšs pesant quand ce n'est pas choisi. (Oui.) Dans ce cas-lĂ , peut-ĂȘtre que parfois, il vaut mieux avoir des relations un petit peu superficielles que pas de relations du tout.
Judith:
[16:59] Oui, c'est plus à ça que je pensais. (Oui.) Mais on est d'accord sur le fond. De toute façon, on sait qu'on va ĂȘtre d'accord dans cet Ă©pisode.
HélÚne:
[17:06] Oui, oui. Mais c'est vrai que c'est un peu facile Ă dire, ce proverbe, quand on a l'option, on va dire.
Judith:
[17:12] Effectivement.
HélÚne:
[17:12] Parce que mĂȘme une personne introvertie peut se retrouver parfois dans des situations oĂč la solitude devient pesante. Et dans ce cas-lĂ , on se dit que finalement, ĂȘtre avec quelqu'un avec qui la relation est superficielle, c'est peut-ĂȘtre un peu mieux que d'ĂȘtre seule tout le temps.
Judith:
[17:28] Oui, il y a quand mĂȘme besoin d'un certain contact humain.
HélÚne:
[17:31] C'est clair. Mais moi, je me suis souvent dit ça, spĂ©cialement quand on me disait « tu prĂ©fĂšres rester chez toi que d'aller Ă une soirĂ©e, mais peut-ĂȘtre que tu vas le regretter ». Et moi, je me disais toujours, je ne regretterai jamais d'ĂȘtre restĂ©e chez moi. Mais par contre, je sais que j'ai de grandes chances de regretter, une fois que je serai Ă la soirĂ©e, de ne pas ĂȘtre restĂ©e chez moi.
Au défi !
HélÚne:
[17:59] Un petit dĂ©fi pour se mettre Ă l'Ă©preuve dans diffĂ©rentes situations. Parce qu'on a dit qu'on aimait ĂȘtre seul, mais que le contact humain est quand mĂȘme nĂ©cessaire et que parfois, finalement, un peu de compagnie, mĂȘme si ce n'est pas la meilleure compagnie, c'est parfois un petit peu mieux que d'ĂȘtre seul. Donc, je vais te proposer des situations, des contextes, et tu vas me dire si tu prĂ©fĂšres ĂȘtre seule ou Ă plusieurs.
Judith:
[18:26] Vas-y.
HélÚne:
[18:29] Je vais essayer de te piéger un peu. Est-ce que tu préfÚres aller au restaurant seule ou à plusieurs ?
Judith:
[18:36] Ah là là ! Alors, je vais te dire quelque chose. Je pense que je préfÚre aller au restaurant à plusieurs uniquement par peur du regard des autres. Parce qu'en France, c'est vraiment mal vu d'aller au restaurant seul. Mais si ce n'était pas mal vu, clairement, j'irais au restaurant seule beaucoup plus souvent. D'ailleurs, je pense que je ne suis jamais allée dans un restaurant seule.
HélÚne:
[18:56] Moi, je l'ai fait une fois parce que j'étais en voyage toute seule.
Judith:
[18:59] Un restaurant, un vrai restaurant ?
HélÚne:
[19:01] Ouais, ouais.
Judith:
[19:01] Ok, pas une boulangerie ? Un restaurant ?
HélÚne:
[19:05] Ouais.
Judith:
[19:06] Ah, waouh.
HélÚne:
[19:08] Je pense un peu comme toi, mais en fait, moi seule, je ne vais pas au restaurant. Je n'ai pas du tout envie, ça ne m'intéresse pas du tout. En fait, je crois que je n'aime pas trop aller au restaurant.
Judith:
[19:17] Ăa, c'est vraiment les gens qui cuisinent bien qui disent ça, c'est terrible.
HélÚne:
[19:21] En fait, c'est vrai que souvent, quand je vais au restaurant, c'est pour faire plaisir aux autres. Parce que moi, honnĂȘtement, je mange trĂšs bien chez moi. Ou alors, si vraiment il y a quelque chose que j'ai trĂšs envie de manger, habitant Ă Paris, il y a tout Ă proximitĂ©, je peux aller me l'acheter Ă emporter. Donc finalement, le restaurant, pour moi, c'est toujours beaucoup d'argent dĂ©pensĂ©, de nĂ©gociations, oĂč est-ce qu'on va manger, Ă quelle heure, d'organisation, pour au final juste manger quelque chose qui est peut-ĂȘtre bon, mais qui n'est peut-ĂȘtre pas non plus quelque chose qui va changer ma vie.
Judith:
[19:57] Non, mais j'entends, j'entends. Moi, quand je vais au restaurant, je pense juste à la cuisine que je ne vais pas faire et à la vaisselle que je ne vais pas faire. Et ça, pour moi, c'est les vacances.
HélÚne:
[20:07] Non, mais c'est vrai. HonnĂȘtement, ça, ça compte aussi. C'est vrai.
Judith:
[20:11] Mais oui, non, je comprends parfaitement. En plus, tu cuisines bien, tu as des goĂ»ts quand mĂȘme assez marquĂ©s. Je comprends qu'effectivement, ĂȘtre tranquillement chez soi, se prĂ©parer ses bons petits plats, surtout quand on aime cuisiner, au moins, on est sĂ»r de ne pas ĂȘtre déçu.
HélÚne:
[20:23] C'est ça. Et puis, on peut faire des choses vraiment bonnes avec pas tant d'ingrédients que ça, finalement. Il suffit d'avoir les bons épices. C'est rare que je sois vraiment contente de ce que j'ai mangé au restaurant, en fait.
Judith:
[20:38] Non, mais j'entends, j'entends.
HélÚne:
[20:40] Donc, je n'irais pas seule. Est-ce que tu préfÚres aller au cinéma seule ou à plusieurs ?
Judith:
[20:47] C'est sans aucune hésitation, bien sûr, aller au cinéma seule.
HélÚne:
[20:53] Ah ouais ?
Judith:
[20:53] C'est extraordinaire. Je pense que je suis allĂ©e au cinĂ©ma seule, je ne sais pas, une vingtaine de fois. Mais c'Ă©tait dans ma vie d'avant, vraiment, la vie avant le Covid, oĂč j'allais au cinĂ©ma tout le temps et j'y allais tout le temps seule. Et je pouvais regarder ce que je voulais. Je pense que c'est une expĂ©rience magique. Surtout d'aller au cinĂ©ma en journĂ©e. Oui, parce que c'Ă©tait quand j'Ă©tais en mĂ©decine que je n'allais pas en cours. Et donc Ă 11h je me pointais au cinĂ©ma, il n'y a personne, on a la salle pour soi et on peut se plonger complĂštement dans le film et c'est gĂ©nial.
HélÚne:
[21:27] Ah ouais. Je suis assez d'accord. J'ai pas Ă©tĂ© souvent au cinĂ©ma seule mais j'avoue que moi aussi dans ma vie d'avant, je l'ai fait, dans ma vie Ă Bordeaux, il y avait un cinĂ©ma prĂšs de chez moi qui coĂ»tait 5 euros la place, j'avoue que j'y suis allĂ©e plusieurs fois toute seule et que c'Ă©tait vraiment agrĂ©able. Mais aujourd'hui, au prix de la place, je pense que je n'irais pas toute seule parce que je me dirais que c'est... dĂ©jĂ mĂȘme Ă deux, j'y vais trĂšs rarement, mais toute seule, je pense que je n'irai spas. Ă part si c'est vraiment un film oĂč je sens que si je ne vais pas le voir, je vais vraiment, vraiment regretter. Mais des films comme ça, il n'y en a mĂȘme pas un par an vraiment oĂč je me dis ce film-lĂ , j'ai vraiment, vraiment envie de le voir.
Judith:
[22:10] Oui.
HélÚne:
[22:12] Ok, alors pour finir, ce qui Ă©tait censĂ© ĂȘtre le sujet de cet Ă©pisode, prĂ©fĂšres-tu partir en vacances seule ou Ă plusieurs ?
Judith:
[22:20] Tu connais la réponse, bien sûr partir en vacances seule.
HélÚne:
[22:24] Ouais, je comprends tout Ă fait.
Judith:
[22:26] Seule, tout est plus simple. J'ai quand mĂȘme une personnalitĂ© assez rĂ©servĂ©e, assez timide. Et donc, par la force des choses, mes amis sont plutĂŽt l'inverse. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que c'est comme ça. C'est comme ça que ça doit fonctionner. Et c'est vrai que quand je pars en vacances avec des amis, je suis souvent dans l'ombre des gens avec qui je suis, ce qui en soi me va, c'est pas grave parce que les gens font pas exprĂšs d'ĂȘtre qui ils sont et je fais pas exprĂšs d'ĂȘtre qui je suis, mais c'est vrai qu'au moins seule, je peux briller Ă ma maniĂšre.
HélÚne:
[23:03] Franchement, je vois vraiment ce que tu dis, pour moi aussi c'est un peu ça, les fois oĂč je suis partie en vacances toute seule j'ai eu vraiment l'impression de dĂ©couvrir un peu qui j'Ă©tais. Et c'est assez impressionnant comme sentiment d'ĂȘtre libĂ©rĂ©e du jugement parce que mĂȘme si c'est des personnes qu'on apprĂ©cie Ă©normĂ©ment, on a toujours un peu en tĂȘte des apprĂ©hensions ou des questions sur ce qu'ils vont penser, si on fait ça ou si on ne veut pas faire ça. Et en fait, ĂȘtre seule, ça libĂšre de tellement de choses que t'as l'impression que toutes les possibilitĂ©s existent. Et c'est assez incroyable comme sentiment.
Judith:
[23:35] On peut faire ce qu'on veut. Et quand on parle Ă des gens qu'on rencontre, du coup, on n'est pas la personne timide du groupe. On est juste soi-mĂȘme. Les gens, ça leur plaĂźt, ça ne leur plaĂźt pas, ça, c'est un autre sujet. Mais c'est vrai que d'ĂȘtre la personne qui parle le moins fort ou d'ĂȘtre la personne la plus discrĂšte d'un groupe, c'est quand mĂȘme souvent un peu handicapant.
HélÚne:
[23:56] Bon, je vois qu'on a Ă©tĂ© pas mal d'accord. Bon, pas trĂšs surprenant. Peut-ĂȘtre surprenant pour vous, les amis. Alors, dites-nous ce que vous en pensez et comment vous voyez les choses. Et bien sĂ»r, on va passer Ă une section qu'on aime particuliĂšrement.
Je rĂąle, tu rĂąles, tu rĂąlons
HélÚne:
[24:17] Il y a quelque chose qui revient quand mĂȘme souvent, j'ai l'impression, quand on parle des choses qu'on aime faire seule, du temps qu'on passe seule. En tout cas, pour les personnes comme toi et moi, je pense qu'on a souvent l'impression que ce n'est pas assez. Non, pas toi ?
Judith:
[24:29] Non, du tout. (C'est vrai ?) Pas du tout.
HélÚne:
[24:31] Tu trouves que tu as assez de temps toute seule ?
Judith:
[24:33] Ah, qu'on ne passe pas assez de temps seul ?
HélÚne:
[24:35] Oui.
Judith:
[24:35] Ah, je n'avais pas compris. Pardon. C'est plus fort que moi, c'est instinctif. Je dis non à beaucoup, beaucoup de choses qu'on me propose. D'ailleurs, on m'en propose de moins en moins parce que souvent, je dis non, et ça me va trÚs bien. Toi, tu trouves que tu ne passes pas assez de temps tout seule ?
HélÚne:
[24:50] Moi, je trouve que ça va. Mais je me dis que si j'en avais plus, je serais aussi plutÎt contente. Parce que comme toi, je dis non à beaucoup de choses. Et sans doute qu'on m'en propose moins aussi, c'est vrai. Et à chaque fois de dire non, mais c'est un tel plaisir. Si vous ne l'avez jamais fait, allez-y. C'est un bonheur.
Judith:
[25:07] J'avoue que c'est plus fort que moi, mais j'ai toujours beaucoup de culpabilité.
HélÚne:
[25:11] En fait, moi, ça dĂ©pend. Vraiment, des fois, pour moi, c'est vraiment un plaisir. C'est peut-ĂȘtre mĂ©chant, mais c'est un plaisir de dire que je suis maĂźtresse de mon temps. Et si je n'ai pas envie de faire quelque chose, ne pas avoir envie, ça suffit pour ne pas le faire. C'est comme de se rendre compte qu'on a un pouvoir qu'on ne connaissait pas, en fait.
Judith:
[25:28] T'as raison.
HélÚne:
[25:29] Moi, je n'ai plus trop de culpabilité, j'avoue. Avant, je pense que oui. Et puis, avec l'entraßnement, finalement, de moins en moins.
Judith:
[25:37] Oui, c'est vrai. Moi, j'ai toujours peur de perdre des amis.
HélÚne:
[25:40] Oui. En fait, ça dépend aussi. Je pense que tu as plus d'amis que moi. Et donc, c'est plus difficile aussi.
Judith:
[25:47] HonnĂȘtement, j'en ai vraiment perdu beaucoup ces derniĂšres annĂ©es, surtout avec la grossesse, la maternitĂ©. Et je crois quand mĂȘme que ceux qui restent, c'est ceux qui ont plus ou moins compris qui on Ă©tait, qui ont compris qu'on n'allait pas changer, qu'ils n'allaient pas nous changer. Et qui acceptent que 9 fois sur 10, tu veux aller boire un verre ? Non ! Et ce n'est pas contre eux. Je trouve que ce n'est pas Ă©vident d'assumer qui on est et de ne pas vouloir ĂȘtre quelqu'un d'autre. Moi, parfois, je me mets Ă rĂȘver d'ĂȘtre quelqu'un d'extraverti, qui adore sortir, qui adore voir des gens.
HélÚne:
[26:20] Mais parce qu'aussi, c'est ce que la société nous montre comme étant la bonne chose à faire.
Judith:
[26:24] Oui, oui, c'est sûr.
HélÚne:
[26:25] C'est ça qui est un peu plus valorisĂ© dans la sociĂ©tĂ©, c'est d'ĂȘtre entourĂ©, dĂ©jĂ . C'est hyper tabou, la solitude, quand mĂȘme.
Judith:
[26:32] Oui, complĂštement.
HélÚne:
[26:33] Que ce soit le fait d'ĂȘtre cĂ©libataire, le fait de ne pas avoir d'amis. Je vois de plus en plus sur les rĂ©seaux sociaux de gens qui parlent du fait qu'ils n'ont pas d'amis. Et j'ai l'impression que c'est quand mĂȘme un Ă©norme tabou.
Judith:
[26:44] Oui, alors je ne sais pas si on regarde le mĂȘme contenu. Moi, j'ai vu quelques youtubeurs assez connus parler du fait qu'ils n'avaient pas d'amis. Et souvent, le message Ă©tait qu'ils n'avaient pas d'amitiĂ© solide, mais qu'ils cĂŽtoyaient du monde rĂ©guliĂšrement et qu'ils avaient plein de relations un peu superficielles avec plein de gens.
HélÚne:
[27:01] Oui, ça ne veut pas dire qu'on est complÚtement seul. Mais c'est une forme de solitude, en fait.
Judith:
[27:05] Ah oui, oui, complĂštement.
HélÚne:
[27:06] Et c'est une forme de solitude qui est beaucoup plus acceptĂ©e par la sociĂ©tĂ© qu'une forme de solitude qui serait « j'ai deux ou trois amis et c'est tout, et je passe la majoritĂ© de mon temps seule et c'est un choix ». J'ai l'impression que ça, c'est encore plus tabou, en fait, que de ne pas avoir d'amis proches, mais d'ĂȘtre entourĂ©e de personnes avec qui on partage des trucs, avec qui on peut rigoler, mais qui ne sont pas proches.
Judith:
[27:29] Non, tu as raison.
HélÚne:
[27:30] J'ai l'impression que moi, quand je dis ça, ça met les gens un petit peu mal Ă l'aise. quand je leur dis « En fait, moi, j'ai trois amis. » Ăa paraĂźt fou parfois Ă des gens. Ils ont l'impression que je rigole quand je dis ça.
Judith:
[27:40] Oui, ça peut faire un peu pitié, ou se dire « Comment je vais l'aider ? »
HélÚne:
[27:45] Oui, c'est ça. Alors qu'en fait, ça me va.
Judith:
[27:48] Oui, c'est un choix, clairement. Si tu voulais voir du monde, tu pourrais.
HélÚne:
[27:52] Oui, c'est ça. Mais c'est tellement difficile, je trouve, de maintenir des amitiés qu'en avoir un nombre limité, c'est plus adapté à mon mode de vie, en tout cas.
Judith:
[28:02] Oui, c'est vrai.
HélÚne:
[28:04] Bon, je ne sais pas si on a rùlé.
Judith:
[28:07] Si, on a rùlé.
HélÚne:
[28:08] On a rĂąlĂ© quand mĂȘme sur les gens qui jugent le fait qu'on ait peu d'amis ou qu'on aime passer du temps seul. Bon, c'est vrai que c'est toujours un peu bizarre d'entendre des jugements sur ça. Et en tout cas, si vous ĂȘtes seul et que ça vous va, tant mieux.
Judith:
[28:24] Bienvenue au club.
HélÚne:
[28:25] C'est ça.
Les ondes joyeuses
HélÚne:
[28:32] Pour finir en beauté, je me demandais si tu avais des souvenirs, parce que moi, j'en ai, de moments, vacances, sorties, que sais-je, passées seules et vraiment, tu t'es sentie bien.
Judith:
[28:47] C'est un peu ambivalent comme question, parce que ce qui me vient naturellement à l'esprit, c'est des choses que j'ai faites seules et des moments que j'ai passés seules, mais pendant lesquels j'ai pu rencontrer des gens que je n'aurais pas rencontrés si j'avais été en groupe. Donc, techniquement, je n'étais pas seule.
HélÚne:
[29:02] Oui, mais c'était quelque chose que tu avais entrepris seule et c'est cette solitude qui t'a amenée à rencontrer des personnes.
Judith:
[29:09] Oui.
HélÚne:
[29:10] C'était quoi, du coup ?
Judith:
[29:11] Je pense Ă la plupart des voyages que j'ai faits seule. Alors forcĂ©ment, j'Ă©tais plus jeune et forcĂ©ment, quand on est une jeune femme, on est beaucoup plus vulnĂ©rable, etc. Et il y a toujours un peu de sĂ©duction, certes. Mais il y a quand mĂȘme des gens que j'ai rencontrĂ©s, et je pense Ă plusieurs personnes avec qui j'ai encore un contact dix ans aprĂšs. Des personnes qui sont mariĂ©es, qui ont des enfants, mais avec qui j'ai toujours gardĂ© contact et avec qui on garde un souvenir d'un moment spĂ©cial qu'on a pu passer parce qu'on Ă©tait tous les deux seuls au mĂȘme moment, au mĂȘme endroit et qu'on a pu connecter. Et donc, c'est quand mĂȘme chouette parce que je sais trĂšs bien que si j'avais Ă©tĂ© en groupe avec des amis Ă moi, ça ne serait jamais arrivĂ©.
HélÚne:
[29:54] Oui, c'est vrai. On ne rencontre pas du tout les mĂȘmes personnes en Ă©tant seule qu'Ă plusieurs.
Judith:
[30:00] Et souvent, on rencontre des gens qui nous ressemblent. Toi, tu pensais Ă quoi ?
HélÚne:
[30:04] Moi, j'ai passé deux semaines de vacances toute seule il y a cinq ans. Et c'était vraiment génial.
Judith:
[30:11] C'Ă©tait oĂč ?
HélÚne:
[30:11] C'Ă©tait Ă Berlin et Ă Francfort. Et en fait, finalement, j'avais passĂ© la majoritĂ© de mon temps seule. J'avais rencontrĂ© un petit peu des personnes, mais majoritairement, j'Ă©tais quand mĂȘme seule. Et je me souviens vraiment des moments oĂč je passais la journĂ©e toute seule et c'Ă©tait vraiment bien. OĂč j'allais oĂč je voulais, si je voulais rester trois heures quelque part, je pouvais y rester trois heures, sans me justifier, sans nĂ©gocier. Et si je voulais rien faire, je pouvais ne rien faire. Vraiment juste ce que je voulais, manger ce que je voulais. Pour moi, c'Ă©tait vraiment une rĂ©vĂ©lation d'ĂȘtre Ă ce point-lĂ , en possession de mon temps et de mon Ă©nergie, c'Ă©tait vraiment extraordinaire.
Judith:
[30:53] C'est génial.
HélÚne:
[30:54] Franchement, c'était un des meilleurs voyages de ma vie et je suis vraiment contente de l'avoir fait parce que tout le monde n'a pas la chance de faire des expériences comme ça, donc je suis satisfaite de l'avoir fait.
Judith:
[31:03] Ăa me rappelle quand j'Ă©tais enceinte. Je ne sais pas si tu te souviens, Ă un moment, ça n'allait vraiment pas. J'Ă©tais vraiment pas bien. J'Ă©tais triste, en plein dans la grossesse. Vraiment, les moments de la grossesse pas drĂŽles. Et mon copain qui me dit, Ă©coute, t'adores l'Allemagne, prends un billet de train et un hĂŽtel pour la ville la plus proche accessible en train et vas-y, deux, trois jours. Et donc, je ne me souviens plus du nom de cette ville, mais c'est la plus proche, vraiment celle la plus...
HélÚne:
[31:31] Karlsruhe.
Judith:
[31:32] Oui, exactement, Ă Karlsruhe. C'est, je crois, vraiment la ville avec le temps de trajet le plus court.
HélÚne:
[31:37] Ouais, tout Ă fait.
Judith:
[31:39] Et souvent, en fait, on va Ă Karlsruhe pour faire un changement, pour aller autre part. Mais moi, je me suis arrĂȘtĂ©e Ă Karlsruhe. Et j'ai pris donc l'hĂŽtel le moins cher que j'ai trouvĂ©, c'est-Ă -dire l'hĂŽtel capsule. Vraiment, j'ai dormi dans une capsule. C'Ă©tait une capsule avec un matelas et voilĂ . Et j'y ai passĂ© comme ça trois jours oĂč effectivement, je n'ai adressĂ© la parole Ă personne. Personne ne m'a adressĂ© la parole parce que je pense vraiment que je faisais peur. Et j'ai vagabondĂ© dans la ville de magasin en magasin, de cafĂ© en cafĂ©, de parc en parc. Et j'ai mangĂ© seule et j'ai tout fait toute seule. Et je crois que ça a Ă©tĂ© les trois meilleurs jours de ma grossesse.
HélÚne:
[32:27] Mais tu n'étais pas seule en fait.
Judith:
[32:29] Oui, en plus, j'étais pas seule. Et c'était génial, quoi. C'était génial. Et puis, j'étais juste contente d'entendre des gens parler allemand autour de moi, ce qui me fascinera toujours autant, ma fascination pour l'allemand, et j'allais juste dans les magasins pour entendre parler les gens. Et j'étais contente et voilà .
HélÚne:
[32:49] TrĂšs bien, Ă©coute, ça me semble un bon Ă©pisode sur lequel terminer notre discussion du jour. (Oui complĂštement.) Bon les amis j'espĂšre que ça vous a plu, restez avec nous si vous ĂȘtes membre pour Ă©couter le bonus, sinon Ă trĂšs bientĂŽt, et puis n'hĂ©sitez pas Ă nous envoyer des messages pour nous dire ce que vous pensez de cet Ă©pisode et de notre podcast.
Judith:
[33:15] Et on vous dit Ă la semaine prochaine.
HélÚne:
[33:16] Salut, au revoir.
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