Vous avez bien dormi, mais vers 15 heures, impossible de vous concentrer : vos paupières s’alourdissent, votre attention diminue et vous rêvez d’une sieste. Et si l’explication se trouvait dans ce que vous avez mangé sept heures plus tôt, au petit-déjeuner ?
Tout commence avec la glycémie, c’est-à-dire la concentration de sucre dans le sang.
Prenons un petit-déjeuner classique : pain blanc, confiture et jus d’orange. Ces aliments apportent beaucoup de glucides rapidement assimilables. En 30 à 90 minutes, la glycémie augmente, provoquant la libération d’insuline, une hormone qui permet aux cellules de capter le glucose.
La glycémie redescend ensuite. Chez certaines personnes, cette diminution rapide peut s’accompagner de faim, de difficultés de concentration ou d’une sensation de fatigue. Mais attention : cette baisse ne correspond généralement pas à une véritable hypoglycémie.
Le phénomène le plus intéressant intervient plusieurs heures après.
En 2008, des chercheurs de l’université de Lund, en Suède, ont publié une étude dans l’American Journal of Clinical Nutrition. Douze volontaires ont consommé différents petits-déjeuners, notamment du pain blanc ou des céréales complètes d’orge et de seigle.
Résultat : après les petits-déjeuners à base d’orge ou de seigle, l’augmentation de la glycémie était significativement plus faible, non seulement le matin, mais aussi après le déjeuner, pourtant identique pour tous !
C’est ce qu’on appelle « l’effet du deuxième repas ». La composition du petit-déjeuner influence donc la façon dont notre organisme métabolise le déjeuner, quatre ou cinq heures plus tard.
Et cela peut avoir des conséquences sur notre vigilance.
Une autre étude, publiée en 2011 dans le British Journal of Nutrition, a suivi 74 écoliers. Ceux ayant consommé un petit-déjeuner à faible indice glycémique se déclaraient significativement plus alertes, environ deux heures après avoir mangé.
Alors, que manger concrètement ?
L’idéal est d’associer des protéines, des fibres et des glucides peu raffinés. Par exemple : deux œufs, du pain complet dense, un fruit entier et quelques noix. Ou un yaourt nature riche en protéines, accompagné de flocons d’avoine et d’amandes.
Les fibres ralentissent l’absorption des glucides, tandis que les protéines favorisent la satiété.
Une précision essentielle toutefois : les études démontrent surtout des effets sur la glycémie et la vigilance matinale, pas que le petit-déjeuner détermine à lui seul la fatigue de 15 heures.
Car cette fatigue dépend également du déjeuner, du sommeil et de notre horloge biologique, qui provoque naturellement une baisse de vigilance en début d’après-midi.
Le petit-déjeuner ne décide donc pas de toute votre journée, mais il peut influencer votre métabolisme pendant plusieurs heures.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.