Aujourd'hui, on traverse l’Atlantique pour disséquer un moteur qui ne semble jamais vouloir caler : la consommation américaine. Mais attention, derrière la rutilance des chiffres de croissance, se cache une réalité plus inquiétante. On dit souvent que les Américains sont « drogués » à la dépense. Pourquoi ? Et surtout, jusqu'où peuvent-ils aller ?
Le constat est frappant : aux États-Unis, la consommation est un sport national qui représente près de 70 % du PIB. En comparaison, en France, nous sommes autour de 55 %. Mais c'est au niveau de la réserve d'argent que le fossé devient vertigineux.
Parlons chiffres. Aujourd'hui, en ce début d'année 2026, le taux d'épargne des ménages américains a fondu comme neige au soleil pour tomber à seulement 3,5 % de leurs revenus. C'est dérisoire. Pour bien comprendre l’anomalie, regardez chez nous : en France, le taux d'épargne avoisine les 18 %. Là où le Français moyen met un euro de côté « au cas où », l'Américain, lui, semble avoir déjà dépensé cet euro avant même de le percevoir.
Alors, pourquoi parle-t-on de « drogue » ? Parce que pour maintenir ce train de vie, les ménages américains piochent massivement dans leur « bas de laine ». Pendant la pandémie, ils avaient accumulé un excédent d'épargne colossal grâce aux aides fédérales. Mais ce réservoir est désormais à sec. Pourtant, la consommation ne ralentit pas.
Pour continuer à acheter, les Américains ont recours à deux leviers dangereux :
1. L’érosion de l’épargne résiduelle : on vide ses comptes pour compenser l'inflation.
2. Le crédit à outrance : la dette par carte de crédit a atteint des sommets historiques.
Le risque économique est clair : c'est l'effet de falaise. Contrairement aux Européens qui gardent une marge de sécurité face aux crises, les Américains avancent sans filet. Si le marché de l'emploi tousse ou si les taux d'intérêt restent élevés, la machine peut se briser net.
En résumé, l'Américain consomme pour exister, mais il le fait aujourd'hui avec de l'argent qu'il n'a plus. Une addiction qui soutient la croissance mondiale, certes, mais qui fragilise l'équilibre des foyers de l'oncle Sam.
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