Pendant des décennies, la science a accumulé des preuves solides montrant que l’activité physique régulière réduit le risque de développer plusieurs types de cancers. Pourtant, une question demeurait : comment, concrètement, le mouvement protège-t-il nos cellules ? Une équipe de chercheurs de l’Yale University a récemment mis en lumière un mécanisme fascinant : l’exercice physique affame littéralement les tumeurs.
Pour comprendre cette découverte, il faut s’intéresser au carburant principal des cellules : le glucose, un sucre issu de notre alimentation. Les cellules cancéreuses en sont particulièrement friandes. Elles consomment d’énormes quantités d’énergie afin de soutenir leur croissance rapide. C’est d’ailleurs cette voracité qui est exploitée dans certains examens d’imagerie médicale, où l’on injecte du glucose marqué pour repérer les zones anormalement actives.
Lorsque nous faisons du sport, un phénomène majeur se produit : les muscles deviennent extrêmement gourmands en énergie. Pour se contracter, ils puisent massivement dans le glucose circulant dans le sang. Cette captation est si importante qu’elle provoque une véritable compétition entre les muscles et les autres tissus de l’organisme.
Or, les chercheurs ont observé que, durant l’effort, les muscles gagnent cette compétition. Ils captent une grande partie du glucose disponible, ce qui laisse moins de carburant accessible aux cellules cancéreuses. Résultat : privées d’une ressource essentielle, ces cellules voient leur croissance ralentir, et certaines finissent même par mourir.
Ce mécanisme va au-delà d’un simple « manque d’énergie ». Les scientifiques ont constaté que l’environnement métabolique créé par l’exercice modifie profondément le comportement des tumeurs. Les voies biologiques qui favorisent leur prolifération deviennent moins actives, tandis que des signaux associés au stress cellulaire augmentent. En clair, l’effort physique transforme l’organisme en un terrain beaucoup moins favorable au développement du cancer.
Autre point important : cet effet n’est pas réservé aux sportifs de haut niveau. Des activités modérées, comme la marche rapide, le vélo ou la natation, suffisent à déclencher cette redistribution de l’énergie. Ce qui compte avant tout, c’est la régularité.
Cette découverte ouvre des perspectives majeures. Elle renforce l’idée que l’activité physique n’est pas seulement un outil de prévention, mais pourrait aussi devenir un complément thérapeutique aux traitements existants. En association avec la chimiothérapie, l’immunothérapie ou la radiothérapie, le sport pourrait contribuer à fragiliser les tumeurs en réduisant leur accès aux ressources énergétiques.
En résumé, bouger ne se contente pas de renforcer le cœur ou les muscles : cela modifie profondément la façon dont l’énergie circule dans le corps. Et dans ce nouvel équilibre, ce sont les cellules cancéreuses qui se retrouvent perdantes. Une raison supplémentaire de considérer l’activité physique comme un véritable acte de santé.
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