Les marchés des métaux précieux ont brutalement changé de direction après une annonce venue de Washington. Alors que l’or et l’argent enchaînaient les records depuis plusieurs séances, leurs cours ont fortement reculé à la suite de la décision de Donald Trump de proposer Kevin Warsh pour prendre la tête de la Federal Reserve.
En l’espace de quelques heures, l’once d’or a abandonné plus de 6 %, tandis que l’argent a plongé de plus de 14 %, après avoir connu des décrochages encore plus marqués en séance. Ce mouvement spectaculaire tranche avec l’euphorie observée en début de semaine, période durant laquelle les métaux précieux avaient profité d’un climat d’inquiétude généralisée : tensions géopolitiques, incertitudes économiques et interrogations sur l’avenir de la politique monétaire américaine.
La réaction du marché s’explique avant tout par un changement de perception. Depuis plusieurs mois, les investisseurs redoutaient une remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine, alimentée par les critiques répétées de Donald Trump envers son président actuel, Jerome Powell. Ces craintes avaient contribué à renforcer l’attrait pour l’or et l’argent, considérés comme des refuges face au risque institutionnel.
La nomination pressentie de Kevin Warsh a cependant modifié la donne. Ancien gouverneur de la Fed, il est perçu comme un profil classique, attaché aux règles et à l’autonomie de l’institution. Pour de nombreux acteurs de marché, ce choix réduit la probabilité d’une Fed totalement inféodée au pouvoir politique. En conséquence, une partie de la prime de risque intégrée dans les cours de l’or et de l’argent s’est évaporée.
Cette annonce a également servi de déclencheur à une vague massive de prises de bénéfices. Après des hausses vertigineuses – près de 30 % pour l’or depuis le début de l’année et environ 70 % pour l’argent – de nombreux investisseurs attendaient un prétexte pour sécuriser leurs gains. La correction actuelle apparaît donc autant technique que fondamentale.
Le phénomène ne concerne pas uniquement les métaux précieux. D’autres actifs tangibles, comme le cuivre, avaient eux aussi profité récemment d’un regain d’intérêt, les investisseurs cherchant à se protéger contre l’érosion potentielle des monnaies et les turbulences macroéconomiques.
En résumé, la chute des cours de l’or et de l’argent ne traduit pas un désintérêt soudain pour les valeurs refuges, mais plutôt un apaisement ponctuel des craintes liées à la gouvernance de la politique monétaire américaine. Elle rappelle surtout à quel point les marchés restent hypersensibles aux signaux politiques, capables en quelques minutes de faire basculer des tendances pourtant bien établies.
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