Aujourd’hui, partons à la découverte de deux géants d’Amérique du Sud, dont les noms racontent des histoires de convoitise, d’illusion… et de promesses brillantes : le Brésil et l’Argentine.
Commençons par le Brésil.
Nous sommes au début du XVIe siècle. Les navires portugais longent une côte immense, encore inconnue des Européens. Pas d’or à l’horizon. Pas de cités étincelantes. Mais un arbre. Un simple arbre, à l’écorce sombre, qui cache un secret précieux. Lorsqu’on le coupe, sa sève libère une teinture rouge intense, proche de la couleur des braises.
Cet arbre s’appelle le pau-brasil.
À l’époque, en Europe, les teintures rouges sont rares, chères, et extrêmement recherchées pour colorer tissus et vêtements nobles. Très vite, ce bois devient une marchandise stratégique. Des cargaisons entières traversent l’Atlantique. La région n’est plus seulement une terre lointaine. Elle devient la « Terre du bois de braise » : Terra do Brasil.
Peu à peu, le produit donne son nom au territoire. Ce n’est pas un roi, ni un peuple, ni un mythe fondateur… mais une ressource naturelle qui baptise le pays. Le Brésil est ainsi l’un des rares États modernes dont le nom provient directement d’un objet de commerce.
Un pays nommé d’après un arbre. Comme si, dès sa naissance, son destin était lié à l’exploitation de ses richesses.
Cap maintenant vers le sud, et vers un autre rêve : celui de l’argent.
Lorsque les explorateurs espagnols atteignent l’estuaire d’un immense fleuve, ils entendent parler de montagnes lointaines regorgeant de métaux précieux. Des rumeurs circulent. Des peuples évoquent des régions où l’on trouve de l’argent en abondance. En latin, l’argent se dit argentum.
Les Européens baptisent le fleuve Río de la Plata : le fleuve de l’argent.
Et bientôt, les terres alentours héritent du même imaginaire. Elles deviennent l’Argentine : littéralement, « le pays de l’argent ».
Ironie de l’histoire : les grandes mines d’argent ne se trouvent pas réellement dans l’Argentine actuelle, mais surtout en Bolivie. Pourtant, le nom est resté, figé dans les cartes et les esprits.
Deux pays, deux noms, nés de la même pulsion : l’espoir de richesse.
Le Brésil, enfant d’un arbre rougeoyant.
L’Argentine, fille d’un métal fantasmé.
Des noms qui rappellent que, bien souvent, la géographie du monde s’est dessinée au rythme des désirs humains… bien avant celui des frontières.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.