En Australie, dans le parc national du Kosciuszko, au cœur des Alpes australiennes, une décision a choqué une partie de l’opinion : l’abattage aérien de milliers de chevaux sauvages, aussi appelés brumbies.
Et ce qui rend le sujet encore plus sensible, c’est que pour beaucoup de personnes qui vivent ou se promènent régulièrement dans le parc, les effets de cette opération sont déjà visibles : des zones habituellement fréquentées par les chevaux sont désormais plus calmes, certaines traces de passage disparaissent… et le débat, lui, s’est intensifié.
Alors, pourquoi l’Australie en est-elle arrivée là ?
D’abord, il faut comprendre que ces chevaux ne sont pas des animaux “originels” de ces montagnes. Ils descendent de chevaux introduits par les Européens, puis redevenus sauvages. Avec le temps, ils ont pris une place particulière dans l’imaginaire australien : symbole de liberté, de nature indomptée, parfois même d’un patrimoine culturel.
Mais sur le plan écologique, l’histoire est beaucoup moins romantique.
Le parc du Kosciuszko abrite des paysages d’altitude rares : des prairies alpines, des forêts, mais surtout des zones humides fragiles, comme des tourbières, qui jouent un rôle majeur : elles stockent l’eau, stabilisent les sols, et abritent des espèces endémiques.
Or les chevaux, par leur taille et leur comportement, causent des dégâts importants :
piétinement des zones humides,
érosion accélérée,
destruction de la végétation,
dégradation de l’habitat d’espèces menacées.
Et un autre facteur pèse lourd : la dynamique de population. Les brumbies se reproduisent rapidement, et dans certaines périodes, les estimations officielles ont évoqué des effectifs très élevés. Les autorités environnementales considèrent donc que sans réduction massive, les dommages deviennent durables, voire irréversibles.
Dès lors, la question n’est plus “faut-il intervenir ?”, mais “comment ?”.
Des solutions alternatives existent : capture, relocalisation, contraception. Mais elles sont difficiles à mettre en œuvre à grande échelle dans un territoire immense, escarpé et partiellement inaccessible. C’est l’une des raisons invoquées pour expliquer le recours à l’abattage aérien : c’est la méthode jugée la plus rapide pour réduire les effectifs.
Mais cette méthode est aussi la plus controversée. Elle cristallise l’opposition entre deux visions : celle de la protection d’un écosystème fragile, et celle du respect d’animaux perçus comme emblématiques.
Au fond, l’affaire du Kosciuszko montre un dilemme typique de la gestion environnementale moderne : quand une espèce introduite devient culturellement importante, mais écologiquement destructrice, la décision n’est jamais simple — et elle laisse rarement tout le monde d’accord.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.