En France, davantage de loups vont pouvoir être abattus parce que le gouvernement veut répondre à une situation jugée de plus en plus explosive : la multiplication des attaques sur les troupeaux, et la colère grandissante du monde pastoral.
Cette actualité a été relancée par l’annonce de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui a indiqué une hausse de 10% du quota annuel de loups pouvant être abattus. Concrètement, cela représente une vingtaine d’animaux supplémentaires autorisés à être prélevés chaque année, en plus du plafond existant.
Mais pourquoi augmenter ce quota, alors que le loup est une espèce protégée ?
D’abord parce que le loup est devenu, en quelques années, un vrai casse-tête politique et environnemental. L’animal recolonise de nombreux territoires, notamment en montagne mais aussi dans des zones de plus en plus inattendues. Et dans le même temps, les éleveurs constatent davantage d’attaques : moutons, chèvres, parfois même bovins. Or chaque attaque, ce n’est pas seulement un coût économique : c’est aussi du stress pour les éleveurs, des bêtes blessées ou paniquées, et des semaines de travail réduites à néant en une nuit.
Ensuite, parce que l’État estime que les outils actuels ne suffisent plus. Depuis des années, on mise sur les clôtures électriques, les filets, les chiens de protection, la présence humaine renforcée… mais ces mesures ont des limites : elles coûtent cher, elles demandent du temps, et elles ne sont pas applicables partout, notamment en estive, sur de très grands espaces.
La logique du gouvernement est donc la suivante : si les attaques augmentent, il faut pouvoir augmenter les tirs de défense ou de régulation, afin de limiter la pression sur les troupeaux. Le quota annuel joue ici un rôle crucial : il définit le nombre maximum d’animaux pouvant être tués légalement.
Enfin, il y a aussi un contexte européen : le statut du loup en Europe a été assoupli récemment, passant d’un niveau de protection “strict” à un niveau de protection un peu moins contraignant, ce qui ouvre la porte à des politiques nationales plus offensives.
Conclusion : davantage de loups pourront être abattus parce que l’État veut montrer qu’il agit face à la détresse des éleveurs. Mais cette décision relance un débat brûlant : jusqu’où aller sans remettre en cause le retour du loup, symbole d’une biodiversité restaurée… mais difficile à faire cohabiter avec le pastoralisme.
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