A 27 ans, Mikaela Duplay, plus connue sous le nom de Miki, s’impose comme l’une des révélations musicales de l’année et l’un des phénomènes les plus fulgurants de la jeune scène pop française. En seulement trois ans, grâce à une poignée de singles percutants (Echec et mat, Cartoon sex, Particule…), des clips inventifs et un premier album abouti, Industry Plant, elle s’est affirmée comme une pop star en devenir. La critique est unanime, et les salles se remplissent en un clin d’œil : après trois dates à guichets fermés à l’Elysée-Montmartre, du 18 au 20 mars, elle se produira au Zénith de Paris le 18 novembre.
Avec des chansons qui s’écoutent comme on lirait des autofictions contemporaines, Miki séduit par son propos cash et sans détour, inspiré de sa vie, de ses expériences et d’un univers riche, mêlant manga, jeux vidéo et une culture musicale éclectique, entre faite de rap, de chanson française et et d’électro.
Nous la rencontrons dans son appartement du nord de Paris, où elle vit depuis un an. L’immeuble, moderne, offre de grandes baies vitrées donnant sur des arbres, une touche de nature qui lui tient à cœur. Au sol, des tatamis, un futon, une table basse et des coussins. Autour, des figurines de Neon Genesis Evangelion, une collection de casquettes - elle témoigne aussi de sa passion pour les maillots de foot, les vêtements à poches et de randonnée (« Mon magasin préféré, c’est Decathlon : c’est stylé et fonctionnel ! »). Dans sa bibliothèque, Albert Camus et David Foenkinos côtoient les mangas Boy’s Abyss et Nausicaä de la vallée du vent. Dans son home studio, des synthétiseurs Nord Wave et Korg SV2 renvoient à son admiration pour Vangelis et Ryuichi Sakamoto.
Dans cet épisode du Goût de M, Miki évoque avec passion son rapport à la musique, de ses écoutes de rap américain (Nas, Mobb Deep, A Tribe Called Quest, J Dilla, Joey Badass, MF Doom) à la musique latine et sud-américaine, comme la bossa nova. Elle cite Vinicius de Moraes et João Gilberto, des artistes qu’elle a découverts grâce à son père, ingénieur en aéronautique. Sa mère, chargée de communication et d’origine coréenne, lui a transmis l’amour du pays du Matin-Calme et de sa culture. Elle se souvient des étés passés en Corée du Sud, bercée par le chant des cigales, et des heures passées dans le pyeonuijeom (épicerie) de ses grands-parents, un lieu qu’elle décrivait comme un « Disneyland ».
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Cet épisode a été publié le 23 janvier 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son.
Musique : Gotan Project
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