Et si l’une des solutions à la pollution plastique se trouvait dans une minuscule bactérie ? Son nom : Comamonas testosteroni. Et sa particularité est étonnante : elle est capable de dégrader certains plastiques et d’en utiliser les composants pour se nourrir.
Cette découverte a été approfondie en 2024 par des chercheurs de l’université Northwestern, aux États-Unis, dans une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology.
Pour comprendre son importance, rappelons d’abord un chiffre : environ 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde. Une grande partie finit dans des décharges, des rivières ou des océans.
Le problème, c’est que les plastiques sont constitués de longues chaînes de molécules, appelées polymères, extrêmement difficiles à décomposer naturellement.
Certains peuvent persister dans l’environnement pendant des centaines d’années.
Mais Comamonas testosteroni possède une capacité exceptionnelle.
Cette bactérie, naturellement présente dans les eaux usées, peut s’attaquer au PET, ou polyéthylène téréphtalate, un plastique notamment utilisé pour fabriquer des bouteilles et des emballages alimentaires.
Comment procède-t-elle exactement ?
Les chercheurs ont identifié plusieurs étapes.
D’abord, la bactérie colonise la surface du plastique et favorise sa fragmentation en particules microscopiques.
Ensuite, elle utilise une enzyme particulière, appelée hydrolase, qui agit comme des ciseaux moléculaires. Cette enzyme coupe certaines liaisons chimiques du plastique, produisant des molécules plus petites.
Enfin, la bactérie peut absorber certains de ces composés et utiliser leur carbone pour son métabolisme.
Autrement dit, ce qui constitue un déchet pour nous peut devenir une ressource nutritive pour elle !
Pour vérifier le rôle de l’enzyme, les scientifiques ont génétiquement modifié des bactéries afin de les empêcher de la produire.
Résultat : leur capacité à fragmenter le plastique diminuait de 21 %, et elles ne parvenaient plus à dégrader certains fragments moléculaires du PET.
Cette découverte pourrait permettre de développer des procédés biologiques de recyclage, notamment dans les stations d’épuration.
Mais attention : la bactérie ne fait pas miraculeusement disparaître tous les déchets plastiques.
La dégradation reste partielle, et elle peut même produire temporairement des nanoplastiques, des particules extrêmement petites dont la dispersion pose problème.
Les scientifiques doivent donc encore améliorer le processus pour obtenir une dégradation efficace et contrôlée.
L’objectif serait, à terme, de transformer certains déchets plastiques en matières premières réutilisables.
Une perspective fascinante : utiliser les mécanismes du vivant pour réparer une partie des dégâts causés par nos propres inventions.
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