Il y a une dizaine d'années, le diesel dominait les ventes automobiles françaises. Aujourd'hui, sur cent voitures neuves immatriculées dans le pays, une seule fonctionne exclusivement au gazole, contre quarante et une à l'électricité. Un renversement spectaculaire qui s'est accéléré ces derniers mois.
Selon les chiffres publiés par la Plateforme automobile, près de 150 000 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France en octobre 2026, soit une progression de 7 % sur un an. Dans ce marché en reprise, les voitures électriques occupent désormais 41 % des immatriculations, contre environ 24 % un an plus tôt. Le diesel traditionnel, lui, tombe autour de 1 %. Même les voitures uniquement à essence ne représentent plus qu'environ 10 % des ventes.
Pour comprendre cette transformation, il faut regarder les décisions prises par les constructeurs. Pendant des décennies, le diesel bénéficiait d'une fiscalité avantageuse et d'une réputation de sobriété sur les longues distances. Mais le scandale des moteurs truqués de Volkswagen en 2015, puis le durcissement des normes antipollution, ont progressivement fragilisé son attractivité. Les constructeurs ont réduit leurs gammes diesel, particulièrement sur les petites voitures. Certains modèles ne sont tout simplement plus proposés avec cette motorisation. Parallèlement, les investissements se sont déplacés vers l'hybridation et l'électrique.
La progression récente des voitures à batterie s'explique aussi par les dispositifs de soutien à l'achat et l'arrivée de modèles plus accessibles, même si leur prix reste un obstacle pour de nombreux ménages. Mais attention à ne pas confondre les ventes de voitures neuves et l'ensemble du parc automobile français. Les véhicules diesel déjà en circulation sont encore très nombreux. Une voiture peut rester sur les routes pendant quinze ans, parfois davantage. La transformation du parc sera donc beaucoup plus lente que celle des immatriculations.
Autre nuance : les voitures hybrides conservent une place importante. Une grande partie des automobilistes achètent encore des véhicules équipés d'un moteur thermique, simplement associé à une assistance électrique. Le moteur à combustion reste donc loin d'avoir disparu des concessions. Et ces chiffres mensuels ne garantissent pas que l'électrique conservera durablement une part de marché supérieure à 40 %. Les aides publiques, les commandes des entreprises et les livraisons de véhicules peuvent provoquer des variations importantes d'un mois à l'autre. L'enjeu environnemental dépendra aussi de la durée de vie des véhicules, de la fabrication des batteries et de l'électricité utilisée pour les recharger. En France, le mix électrique relativement peu carboné favorise les voitures à batterie sur l'ensemble de leur cycle de vie.
Source : Clubic
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