Un chien capable de retrouver une clé USB cachée derrière une cloison, une carte mémoire dissimulée dans un meuble ou un disque dur enfermé dans une boîte : cela ressemble à de la science-fiction. Pourtant, ces chiens existent réellement et sont utilisés par certaines unités de police spécialisées dans la criminalité informatique.
Mais comment un chien peut-il sentir un objet électronique qui, pour nous, semble parfaitement inodore ?
La réponse repose sur la chimie.
Les composants électroniques contiennent des plastiques, des résines et diverses substances utilisées lors de leur fabrication. Or, certains de ces matériaux libèrent en permanence d'infimes quantités de molécules dans l'air. On les appelle des composés organiques volatils.
Ces molécules constituent une sorte de signature chimique que le système olfactif du chien peut apprendre à reconnaître.
En 2017, une étude publiée dans le Journal of Forensic Sciences par des chercheurs du laboratoire de recherche de la marine américaine a précisément étudié ce phénomène.
Les scientifiques ont analysé les molécules émises par différents supports de stockage : clés USB, cartes SIM et cartes SD.
Pour cela, ils ont utilisé une technique particulièrement précise : la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. Elle permet de séparer puis d'identifier les molécules présentes dans un échantillon d'air.
Résultat : plusieurs substances chimiques communes ont été identifiées, notamment le styrène et l'isophorone.
Ces composés contribuent à créer un profil olfactif caractéristique des supports électroniques.
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D'autres substances, comme l'oxyde de triphénylphosphine, sont également utilisées dans certains programmes de dressage.
Mais comment entraîne-t-on ces chiens ?
Le principe repose sur le conditionnement positif. On présente au chien différents supports électroniques. Lorsqu'il identifie l'odeur recherchée, il reçoit une récompense, généralement un jouet ou de la nourriture.
Progressivement, il apprend à reconnaître cette odeur dans des environnements complexes, parmi celles du bois, des tissus ou des produits ménagers.
L'exercice devient particulièrement impressionnant lorsqu'il s'agit de retrouver une carte microSD mesurant à peine 15 millimètres de long.
Ces chiens sont notamment utilisés dans des enquêtes concernant l'exploitation sexuelle des mineurs, mais également dans des affaires de cybercriminalité ou d'espionnage.
Attention toutefois : le chien ne détecte absolument pas les données informatiques. Il ne peut pas distinguer une clé USB contenant des photos de vacances d'une autre contenant des fichiers illégaux.
Il signale uniquement la présence probable d'un support électronique.
Et ses indications doivent toujours être vérifiées par les enquêteurs.
Cette technique illustre une réalité fascinante : même nos appareils numériques les plus sophistiqués possèdent une signature chimique. Et pour la détecter, un nez de chien peut parfois être plus utile qu'un détecteur électronique.
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