Le 5 décembre 1791, Wolfgang Amadeus Mozart meurt à Vienne, à seulement 35 ans. Sa disparition est aussi soudaine que mystérieuse. Très vite, une rumeur apparaît : le génie de la musique aurait été empoisonné. Et le principal suspect serait un autre compositeur, Antonio Salieri, dévoré par la jalousie.
Mais que sait-on réellement de cette histoire ?
À l'époque, Salieri est l'un des musiciens les plus influents d'Europe. Compositeur officiel de la cour impériale de Vienne, il bénéficie d'une position prestigieuse, tandis que Mozart peine parfois à gagner sa vie.
Les deux hommes évoluent dans les mêmes cercles musicaux et se disputent certaines commandes. Mozart soupçonne même parfois les Italiens de la cour de lui faire obstacle.
Cependant, leur relation est bien moins hostile qu'on ne l'imagine.
En effet, Salieri dirige certaines œuvres de Mozart et manifeste publiquement son admiration pour lui. En 1791, quelques semaines avant sa mort, Mozart raconte à sa femme que Salieri a chaleureusement applaudi son opéra La Flûte enchantée.
Alors d'où vient l'accusation d'empoisonnement ?
D'abord, des circonstances de la mort de Mozart. Durant ses dernières semaines, le compositeur souffre de fièvre, de douleurs et d'importants gonflements. Selon des témoignages rapportés après sa disparition, il aurait lui-même déclaré craindre d'avoir été empoisonné.
Mais la rumeur prend surtout de l'ampleur en 1823, plus de trente ans après les faits.
Salieri, alors âgé de 73 ans et gravement malade, souffre de troubles mentaux. Des bruits circulent selon lesquels il aurait confessé avoir assassiné Mozart. Pourtant, lorsqu'il retrouve sa lucidité, il dément formellement ces accusations.
En 1830, l'écrivain russe Alexandre Pouchkine transforme cette rumeur en tragédie théâtrale : Mozart et Salieri. Puis, en 1984, le film Amadeus, de Miloš Forman, popularise définitivement l'image d'un Salieri jaloux et manipulateur.
Mais les historiens sont formels sur un point : aucune preuve sérieuse n'établit un assassinat.
Alors, de quoi Mozart est-il mort ?
Plusieurs hypothèses médicales existent. En 2009, des chercheurs néerlandais ont étudié les registres de mortalité viennois de 1791. Ils ont constaté une augmentation inhabituelle des décès accompagnés de gonflements, semblables à ceux de Mozart.
Ils privilégient l'hypothèse d'une infection à streptocoque ayant provoqué une grave inflammation des reins.
Cependant, faute d'autopsie, le diagnostic définitif reste impossible.
Ainsi, Mozart est probablement mort d'une maladie, et non d'un empoisonnement. Quant à Salieri, il apparaît surtout comme la victime d'une légende tenace.
Une légende qui, paradoxalement, lui aura offert une célébrité posthume bien supérieure à celle de ses propres compositions.
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