Interviewer Pascal Rabaté chez lui, qui plus est, tient de l’expérience initiatique. Nous avons affaire non seulement à un auteur de bande dessinée et à un cinéaste de grand talent, mais aussi à un érudit de l’image capable de s’enthousiasmer pour un tableau, une eau-forte ou plus simplement un numéro de la fameuse revue allemande Simplicissimus. Cette culture graphique transparaît dans son travail, une simple image pouvant déclencher une œuvre nouvelle. Tel a été le cas de L’Enfance des ruines, qui nous plonge dans le Berlin de la République de Weimar, au début des années 1930, au moment où une société extraordinairement vivante et créative voit progressivement monter le nazisme.