On imagine souvent les derniers mots des grandes figures de l’Histoire comme des phrases solennelles, soigneusement choisies pour entrer dans la postérité. Ceux attribués à Marie-Antoinette furent au contraire d’une étonnante simplicité.
Le 16 octobre 1793, l’ancienne reine de France est conduite de la Conciergerie jusqu’à la place de la Révolution, l’actuelle place de la Concorde, à Paris. Quelques heures plus tôt, elle a été condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire.
Marie-Antoinette a alors 37 ans. Depuis la chute de la monarchie, sa situation n’a cessé de se dégrader. Son mari, Louis XVI, a été guillotiné neuf mois auparavant. Elle-même est devenue, aux yeux d’une partie des révolutionnaires, l’un des symboles de l’Ancien Régime et de ses excès.
Le matin de son exécution, elle est transportée dans une simple charrette à travers les rues de Paris. Ses mains sont attachées derrière le dos. Une foule nombreuse assiste à son passage.
Lorsqu’elle arrive au pied de la guillotine, Marie-Antoinette monte sur l’échafaud. C’est alors qu’un petit incident se produit.
Elle aurait accidentellement marché sur le pied de l’un de ses bourreaux. Elle se serait immédiatement retournée vers lui pour lui dire :
« Monsieur, je vous demande excuse, je ne l’ai pas fait exprès. »
Ces quelques mots sont généralement considérés comme les derniers qu’elle ait prononcés.
Ils sont particulièrement frappants parce qu’ils n’ont rien d’héroïque ni de théâtral. À quelques secondes de sa mort, Marie-Antoinette aurait simplement présenté ses excuses par politesse, presque comme elle l’aurait fait dans une situation ordinaire.
Il faut cependant rester prudent. Comme souvent lorsqu’il s’agit des dernières paroles de personnages historiques, il est impossible de garantir chaque mot avec une certitude absolue. Au fil du temps, la phrase a d’ailleurs été légèrement transformée. On trouve souvent la version : « Pardonnez-moi, monsieur, je ne l’ai pas fait exprès. »
Nous savons en revanche que quelques heures avant son exécution, Marie-Antoinette avait rédigé une dernière lettre destinée à sa belle-sœur, Madame Élisabeth.
Elle y parlait notamment de ses enfants, de sa foi et de la mort qui l’attendait. Elle terminait sur des mots beaucoup plus solennels : « Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. »
Il existe donc une étonnante opposition entre ses dernières paroles écrites et celles qu’elle aurait prononcées.
Les premières sont graves, réfléchies et conscientes de l’Histoire. Les secondes sont presque banales : une simple excuse adressée à un homme dont elle venait de marcher sur le pied.
Quelques instants plus tard, à 12 h 15, Marie-Antoinette était guillotinée.
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