SpaceX avance progressivement vers une offre mobile dite « direct-to-device », capable de connecter directement un smartphone à un satellite, sans passer obligatoirement par une antenne-relais terrestre. Mais pour s’imposer sur ce marché, l’entreprise d’Elon Musk doit encore résoudre un problème majeur : son accès limité aux fréquences radio les plus intéressantes.
Les bandes de fréquences basses portent plus loin et traversent mieux les obstacles, ce qui les rend particulièrement efficaces dans les villes et les zones très peuplées. Aux États-Unis, elles sont toutefois largement détenues par les trois grands opérateurs historiques : AT&T, Verizon et T-Mobile. SpaceX avait déjà commencé à renforcer ses ressources en rachetant certaines fréquences à EchoStar l’année dernière. Selon le média Semafor, deux stratégies seraient désormais étudiées. La première consisterait à acquérir directement un concurrent pour récupérer ses droits d’utilisation du spectre. La seconde serait de participer aux enchères organisées par le gouvernement l’année prochaine.
Ces enchères concerneront notamment la bande C, une partie du spectre radio qui offre un équilibre intéressant entre la portée du signal et la quantité de données transportées. Elle présente également un avantage stratégique : elle peut être utilisée aussi bien par des satellites que par des infrastructures terrestres. SpaceX aurait par ailleurs présenté à ses investisseurs un prototype de smartphone. L’entreprise envisagerait de construire un véritable réseau hybride, associant sa constellation satellitaire à des équipements mobiles traditionnels installés au sol. Elon Musk a déjà évoqué publiquement l’hypothèse du rachat d’un opérateur télécom. Une telle opération représenterait cependant plusieurs centaines de milliards de dollars.
La concurrence se prépare elle aussi. Amazon, qui s’apprête déjà à défier Starlink avec sa constellation Leo, a demandé l’autorisation de lancer plus de 5 000 satellites consacrés au direct-to-device. Les deux groupes veulent ainsi pénétrer un marché jusqu’ici dominé par les opérateurs mobiles classiques. La perspective a immédiatement inquiété les investisseurs : les actions d’AT&T, Verizon et T-Mobile ont reculé de 4 % après ces révélations. Rien ne garantit encore que SpaceX ou Amazon parviendront à renverser les acteurs historiques. Mais une évolution paraît déjà engagée : demain, le réseau mobile pourrait ne plus reposer uniquement sur des antennes terrestres. Il pourrait aussi venir directement du ciel.
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