Depuis toujours, il naît légèrement plus de garçons que de filles chez les êtres humains. En moyenne, pour 100 filles, environ 105 garçons viennent au monde. Cette différence compense le fait que les garçons sont biologiquement un peu plus fragiles durant l’enfance.
Mais aujourd’hui, certains chercheurs observent un phénomène troublant : dans plusieurs régions du monde, cette proportion semble diminuer.
Et une étude publiée dans la revue scientifique PNAS suggère que le réchauffement climatique pourrait jouer un rôle inattendu dans cette évolution.
Les chercheurs de l’Université d’Oxford ont analysé plus de cinq millions de naissances sur plusieurs décennies. Leur objectif : comprendre comment les températures influencent le sexe des bébés à la naissance.
Le résultat est frappant.
Lorsque les températures dépassent environ 20 °C pendant des périodes prolongées, la proportion de garçons diminue significativement.
Autrement dit : plus il fait chaud, moins il naît de garçons.
Mais pourquoi ?
La clé se trouve probablement dans la fragilité biologique des fœtus masculins.
Dès les premières semaines de grossesse, les embryons mâles semblent plus vulnérables aux stress environnementaux : pollution, malnutrition, catastrophes naturelles… et désormais chaleur extrême. Les scientifiques pensent que le stress thermique pourrait augmenter les risques de fausses couches spontanées touchant davantage les fœtus masculins.
Car porter un enfant représente déjà un immense effort physiologique pour l’organisme maternel. Or la chaleur ajoute un stress supplémentaire : déshydratation, inflammation, perturbation hormonale, augmentation du cortisol — l’hormone du stress.
Et les embryons masculins résisteraient moins bien à ces conditions difficiles.
Ce phénomène avait déjà été observé après certains événements extrêmes. Après des canicules, des famines ou des catastrophes naturelles, plusieurs pays avaient enregistré temporairement moins de naissances masculines.
Mais l’étude d’Oxford est l’une des plus vastes jamais réalisées sur le sujet, et elle renforce l’idée que le climat pourrait influencer directement la composition démographique humaine.
Attention toutefois : il ne s’agit pas d’une disparition massive des garçons. Le phénomène reste modéré. Mais à l’échelle de populations entières et sur plusieurs décennies, ces variations deviennent statistiquement très importantes.
Les chercheurs soulignent aussi qu’il pourrait exister d’autres facteurs liés au réchauffement climatique : pollution atmosphérique accrue, perturbateurs endocriniens ou modification des conditions de vie.
Cette découverte rappelle surtout une chose fascinante : le changement climatique n’affecte pas seulement les glaciers, les océans ou les forêts.
Il pourrait aussi agir silencieusement sur la biologie humaine elle-même.
Jusqu’à influencer, peut-être, le sexe des enfants qui naîtront demain.
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