Au début des années 1990, un physicien australien du nom de Denis Evans mène une expérience qui va faire vaciller une idée vieille de plus d’un siècle.
Depuis toujours, on enseigne que l’entropie — ce fameux désordre de l’univers — ne peut qu’augmenter. C’est la deuxième loi de la thermodynamique. Un principe aussi solide qu’une loi gravée dans le marbre : les choses vont du plus ordonné vers le plus désordonné. Toujours.
Mais Evans se pose une question étrange.
Et si, à toute petite échelle… ce n’était pas toujours vrai ?
Dans son laboratoire, il observe des systèmes minuscules, composés de quelques particules seulement. À cette échelle, le monde n’est plus stable. Il est agité, imprévisible, soumis à des fluctuations permanentes.
Et là, surprise.
Sur de très courts instants, il arrive que le désordre… diminue.
Autrement dit, il observe des situations où l’entropie recule. Comme si un verre cassé se recollait tout seul. Comme si la chaleur passait spontanément du froid vers le chaud.
Un instant seulement. Puis tout revient à la normale.
Mais cet instant suffit à poser un problème immense.
Car cela signifie que la deuxième loi n’est pas une règle absolue. C’est une loi statistique.
À grande échelle, elle est presque infaillible. Mais à petite échelle, et sur de très courtes durées, des “violations” peuvent apparaître.
C’est ce que l’on appelle aujourd’hui le théorème des fluctuations.
Une idée vertigineuse.
Elle nous dit que le chaos de l’univers n’est pas une obligation à chaque instant, mais une tendance globale. Une moyenne.
En réalité, à chaque seconde, à une échelle microscopique, l’univers “hésite”. Il oscille entre ordre et désordre.
Simplement, le désordre gagne presque toujours.
C’est un peu comme lancer une pièce des millions de fois. Il arrivera parfois qu’elle tombe dix fois de suite sur pile. Ce n’est pas impossible. Juste extrêmement improbable.
L’entropie fonctionne de la même manière.
Et cela change profondément notre manière de voir le monde.
Car cela signifie que le temps lui-même — cette sensation irréversible que tout se dégrade — n’est peut-être pas une propriété fondamentale de l’univers.
Mais le résultat d’une immense probabilité.
Une direction dominante… mais pas une obligation absolue.
Et quelque part, à une échelle invisible, il existe peut-être des instants fugaces où le temps, littéralement… recule.
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