Alors que les États-Unis s’apprêtent à renouer concrètement avec l’orbite lunaire, la NASA affine patiemment les contours de son programme Artemis. L’objectif ne se limite plus à planter un drapeau sur la Lune : il s’agit désormais d’y rester. Et rester implique une question centrale, presque triviale sur Terre mais cruciale à 380 000 kilomètres d’ici : comment produire de l’énergie de manière fiable et durable ? Parmi les options étudiées, le nucléaire s’impose de plus en plus comme une solution crédible.
L’idée ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, l’agence spatiale américaine travaille sur des systèmes de fission nucléaire capables d’alimenter une ou plusieurs installations lunaires. Mais le calendrier s’est brutalement accéléré en décembre dernier, lorsque Donald Trump a signé un décret relançant officiellement l’ambition lunaire américaine : un retour d’astronautes sur le sol sélène dès 2028, puis l’installation d’un réacteur nucléaire à l’horizon 2030. Un cap politique clair, désormais assorti d’engagements concrets.
Le 13 janvier, la NASA a ainsi signé un protocole d’accord avec le Department of Energy. Objectif : coordonner les efforts et tenir ce délai particulièrement ambitieux. Pour Jared Isaacman, administrateur de l’agence, le choix est presque évident : « Pour bâtir des infrastructures durables sur la Lune et préparer le chemin vers Mars, l’énergie nucléaire n’est pas une option parmi d’autres, c’est une nécessité. » Contrairement au solaire, dépendant de cycles jour-nuit extrêmes et de longues éclipses, un réacteur à fission peut fournir une électricité stable, continue, pendant des années, sans ravitaillement.
Cette course énergétique lunaire ne se joue pas en solitaire. La Chine affiche des ambitions comparables et prévoit elle aussi une base lunaire alimentée par un réacteur nucléaire. Pékin a déjà annoncé plusieurs missions préparatoires, dont une étape clé programmée dès cette année, signe que la compétition technologique et stratégique s’intensifie. Côté américain, l’échéance se rapproche. Dans les prochaines semaines, les astronautes Jeremy Hansen, Victor Glover, Reid Wiseman et Christina Koch embarqueront à bord du vaisseau Orion pour une mission de dix jours autour de la Lune. Un vol sans alunissage, mais hautement symbolique : il servira de répétition générale avant le retour officiel de l’humanité sur la surface lunaire.
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